Afrique
Le Timbuktu Institute publie une étude sur l'usage de l'IA dans la guerre informationnelle au Mali
IMAGE : Timbuktu Institute Dakar
Par Rédacteur NIE
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Le Timbuktu Institute, centre de recherches basé à Dakar, a publié ce mercredi 9 septembre 2026 une étude intitulée « Des algorithmes en guerre ». Elle analyse l'intégration de l'intelligence artificielle générative dans la communication et la propagande des acteurs du conflit malien, selon RFI.
Le Timbuktu Institute, un centre de recherches basé à Dakar, a publié ce mercredi 9 septembre 2026 une étude intitulée « Des algorithmes en guerre », rapporte RFI. Ce travail porte sur l'utilisation de l'intelligence artificielle générative dans le conflit malien.
Selon RFI, qui cite cette étude, les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, leurs alliés indépendantistes du FLA, les autorités maliennes de transition, leurs partenaires russes de l'Africa Corps, ainsi que leurs soutiens respectifs, utilisent désormais l'intelligence artificielle dans leur communication ou leur propagande.
Un usage « restreint » côté Jnim
D'après le Timbuktu Institute, cité par RFI, les jihadistes du Jnim ont encore l'usage le plus « restreint » de l'intelligence artificielle parmi les acteurs du conflit. L'étude donne un exemple : des affiches générées par IA ont été utilisées sur leurs canaux de propagande pour annoncer la diffusion de vidéos tournées lors des attaques du 25 avril. Ces attaques ont coûté la vie au ministre de la Défense, le général Sadio Camara, et ont vu l'armée malienne et ses partenaires russes de l'Africa Corps être chassés de Kidal.
Le Jnim est donc « encore dans une phase d'expérimentation limitée, mais potentiellement évolutive » de son usage de l'intelligence artificielle, selon les auteurs du rapport cités par RFI. Ils anticipent toutefois de nombreuses possibilités si le groupe décidait d'y investir des ressources, comme la traduction des messages de propagande ou l'augmentation des capacités de production.
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Des « personnages IA » côté FLA
Du côté des indépendantistes du FLA, ce sont des comptes non officiels, alimentés par des membres ou des soutiens du mouvement, qui recourent à l'IA sur les réseaux sociaux, indique RFI. Le Timbuktu Institute a ainsi repéré que le combattant touareg « Azzghim », dont les propos virulents contre l'Africa Corps russe sont abondamment relayés, était en réalité une pure création, extrêmement réaliste mais trahie par certaines imperfections de l'image.
Selon les auteurs du rapport, ces « personnages IA » permettent d'« humaniser » le mouvement, d'adapter les messages à des publics spécifiques, de faciliter leur diffusion et même le recrutement, tout en réduisant les risques pour un vrai combattant.
Une adoption « étatique et systémique » côté régime malien et Russie
En face, l'Africa Corps russe et le régime malien « démontrent une adoption étatique, professionnalisée et systémique de l'IA générative », selon le Timbuktu Institute cité par RFI. La Russie, via l'Africa Corps qui a succédé au groupe Wagner, a intégré l'intelligence artificielle à une panoplie de désinformation déjà vaste, avec notamment la production de fausses vidéos et de « deepfakes » anti-occidentaux, ou la génération de commentaires sur les réseaux sociaux.
Le Timbuktu Institute évoque un « phénomène de production intensive », avec des contenus pouvant atteindre près de 5 millions de vues. Ces contenus sont « utilisés comme mécanisme à la fois de contrôle politique et de manipulation de l'information et des opinions », servant « à détourner l'attention des populations locales et à les désinformer quant à la réalité effective de la situation sécuritaire », selon l'étude relayée par RFI.
Les auteurs du rapport s'inquiètent enfin des futures applications opérationnelles de l'intelligence artificielle, par exemple pour les frappes de drones. Ils y voient « une menace grave en raison de son usage potentiel comme multiplicateur de force », au Sahel et dans le monde entier, selon le Timbuktu Institute.
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