Afrique
Mali : enlèvements, disparitions forcées et témoignage d'un ancien détenu
Au Mali, l'avocat Mountaga Tall et son fils sont portés disparus depuis mai 2026 après leur enlèvement par la Sécurité d'État. Mohamed el-Béchir, libéré après quatre mois de détention en 2025, décrit des conditions inhumaines près du monument de la Paix à Bamako. L'ONU reste sans réponse des autorit
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

L'enlèvement de Mountaga Tall et de son fils
L'avocat et ancien ministre Mountaga Tall a été enlevé à son domicile de Bamako le 2 mai par des hommes cagoulés se réclamant de la Sécurité d'État, selon RFI. Son fils, Cheick Mamadou, a subi le même sort peu après. Quatre mois plus tard, au 4 septembre 2026, leurs proches restent sans nouvelles et réclament une preuve de vie, rapporte la même source. D'autres militants pro-démocratie, dont Youssouf Daba Diawara et Moussa Djiré, président du mouvement « Yiriwa 223 », ont été enlevés début mai dans des conditions similaires, toujours selon RFI. Me Mamadou Ismaila Konaté, avocat et ancien ministre de la Justice, qualifie cette attitude de « stratégie des dirigeants de la transition » visant à instaurer la peur et l'oubli, cite l'article du 4 septembre.
Le témoignage de Mohamed el-Béchir
Un autre cas, antérieur, refait surface via un podcast visionné par le correspondant régional de RFI, Serge Daniel. Mohamed el-Béchir raconte avoir été enlevé le 8 mai 2025 à Kati, ville-garnison près de Bamako, par des hommes cagoulés. Il dit avoir été détenu pendant quatre mois dans un lieu « non loin du monument de la Paix de Bamako », où il entendait « des sifflements de policiers, des va-et-vient », suggérant la proximité de la direction des services de renseignement, selon le reportage du 22 août 2026. L'ancien détenu affirme avoir vu « des gens tomber malade, d'autres mourir à la suite de mauvais traitements » et parle de « crimes de guerre, crimes contre l'humanité », des propos qu'il attribue à son expérience personnelle. Parvenu à quitter le Mali, il souhaite témoigner et écrire un livre, relate RFI.
L'absence de réponse des autorités et la saisine de l'ONU
Début juillet 2026, le comité des disparitions forcées de l'ONU a demandé à l'État malien de confirmer si Mountaga Tall et son fils sont détenus dans un lieu placé sous son autorité, d'indiquer lequel et de préciser les fondements juridiques de leur emprisonnement, selon l'article du 4 septembre. Deux mois plus tard, Bamako n'avait toujours pas répondu, constate RFI. Les autorités politiques et judiciaires maliennes opposent un « silence total » aux familles et aux avocats, toujours selon la même source. Aucune procédure judiciaire publique n'a été engagée contre les personnes enlevées, rappellent les proches cités par le média.
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