Afrique
Madagascar : l'ancien président du Sénat condamné à dix ans de travaux forcés
L'ancien président du Sénat malgache Richard Ravalomanana a été condamné le 1er septembre 2026 par le tribunal d'Antananarivo à dix ans de travaux forcés pour complicité de meurtres et de blessures lors de la répression des manifestations de septembre-octobre 2025, selon RFI.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Le tribunal d'Antananarivo a prononcé la peine le mardi 1er septembre 2026 à l'issue d'une seule journée d'audience, rapporte RFI. Richard Ravalomanana, figure centrale du régime d'Andry Rajoelina et général retraité de la gendarmerie, est reconnu coupable de « complicité de meurtres et complicité de coups et blessures volontaires ». La justice établit son implication dans la répression des manifestations qui ont conduit à la chute du président Andry Rajoelina le 14 octobre 2025.
Contexte des manifestations
Durant près de trois semaines en septembre et octobre 2025, les protestataires ont été violemment dispersés à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc, selon RFI. Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, avait dénoncé l'usage de balles réelles par certains officiers. Vingt-deux personnes ont été tuées et une centaine d'autres blessées au cours de ce soulèvement populaire, selon l'ONU, citée par RFI. Le procureur général de la cour d'appel d'Antananarivo affirmait déjà en décembre 2025 que l'ex-président du Sénat « a dirigé des actions violentes pour réprimer les manifestations ».
Réactions et suites judiciaires
La condamnation est accueillie avec satisfaction par la « Gen Z » malgache et les défenseurs des victimes. Zo Ramanampisoa, membre actif de ce mouvement, déclare à RFI : « Nous attendions depuis longtemps que justice soit rendue pour les violences et les actes de barbarie commis par les forces de sécurité lors des manifestations. » Maître Maromanana Aliarivelo, avocat ayant défendu bénévolement des jeunes arrêtés, se réjouit que « une justice malgache ose prendre les décisions contre d'anciens dirigeants, en se basant sur des preuves et dans le respect des droits de la défense ». L'avocat de Richard Ravalomanana, Maître Lazatiana Razafimamonjy, a annoncé faire appel de la condamnation, selon RFI.
Impunité partielle
Les exécuteurs matériels des violences n'ont pas été retrouvés pour la plupart, regrette maître Maromanana Aliarivelo auprès de RFI : « Ceux qui exécutaient les ordres n'ont pas été retrouvés jusqu'à maintenant pour la plupart, alors qu'on dispose de preuves vidéo. On ne sait pas s'ils ont quitté le pays ou s'ils se cachent. » Andry Rajoelina, président déchu et exilé depuis octobre 2025, échappe lui aussi à toute procédure judiciaire. L'Assemblée nationale n'a pas voté sa mise en accusation, préalable indispensable avant toute saisine de la Haute cour de justice, seule habilitée à juger un chef d'État, précise RFI. Le colonel Michaël Randrianirina est devenu le nouvel homme fort de l'île après le ralliement de militaires au mouvement de contestation.
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