Aller au contenu
Citoyen du Ciel, Media International

Afrique

Forum à Nairobi : les obstacles freinent les Africaines dans les sciences et la tech

Le Forum sur les femmes dans la technologie s'est achevé vendredi 4 septembre à Nairobi. Experts et études pointent une sous-représentation persistante dans les filières scientifiques et les postes de direction, malgré un taux de diplomées élevé sur le continent.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

Partager
Forum à Nairobi : les obstacles freinent les Africaines dans les sciences et la tech
Photo d'illustration© Cactus0625, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le Forum sur les femmes dans les secteurs de la technologie et de l'innovation en Afrique s'est achevé vendredi 4 septembre à Nairobi, au Kenya, rapporte RFI. Professionnels et chercheurs du continent s'accordent sur le fait que les femmes restent largement sous-représentées dans les domaines scientifiques, en Afrique comme ailleurs.

Des obstacles dès l'école

Selon une étude du cabinet McKinsey citée par RFI, seuls 23 à 30 % des postes dans les secteurs des sciences et technologies sont occupés par des femmes sur le continent. Cette inégalité se cultive dès les bancs de l'école. La Banque mondiale, toujours selon RFI, indique que 65 % des jeunes filles d'Afrique subsaharienne ne peuvent pas résoudre des problèmes d'arithmétique de base à l'âge de 10 ans. Les stéréotypes de genre réduiraient leur inscription dans les filières scientifiques de 28 %.

Mary Nyasimi, du bureau d'Afrique de l'Est de l'Unesco, précise que ces discriminations commencent dès l'âge de 5 ans, surtout dans les zones rurales. Elle explique que les petites filles effectuent déjà des travaux domestiques : aller chercher l'eau, le bois, accompagner leur mère ou leur tante. Pour elle, pousser plus de femmes vers les sciences devrait démarrer dès la maternelle en leur laissant le temps d'expérimenter pour développer leur curiosité.

Becky Aloo, enseignante en microbiologie à l'université d'Eldoret dans l'Ouest du Kenya, témoigne de la difficulté à concilier responsabilités familiales et carrière. Elle a dû repousser son doctorat pour s'occuper de sa famille et ne l'a obtenu qu'à 38 ans. Elle rapporte avoir entendu tout au long de sa carrière des remarques, surtout de la part d'hommes, sur qui s'occupait de ses enfants ou de son mari.

Continuer la lecture1 min

Une chute à l'entrée sur le marché du travail

Malgré ces difficultés, l'Afrique affiche la plus forte proportion au monde de femmes diplômées dans les sciences et technologies, avec 47 %, contre 42 % en Europe et 39 % en Amérique du Nord, selon des données rapportées par RFI. Pourtant, tout s'effondre au moment de l'entrée sur le marché du travail et de l'accès aux postes à responsabilités.

L'étude McKinsey citée par RFI indique que les femmes représentent moins de 12 % des postes de direction. Elles ne reçoivent que 1 à 2 % du financement total des startups sur le continent.

Pistes d'action et mentorat

Velma Amundi, directrice générale pour l'Afrique de l'Est chez IBM, souligne qu'il reste bien des préjugés à surmonter. Elle rapporte qu'on entend souvent dans ce type de forum que les femmes seraient trop émotives et auraient peur d'assumer certaines responsabilités, ce qu'elle conteste fermement. Elle évoque aussi une question de visibilité dans un secteur largement dominé par les hommes.

Selon Velma Amundi, il faut aider les femmes à s'affirmer et à être plus visibles. Elle encourage les jeunes femmes à se faire accompagner par des mentors, mais insiste sur l'importance d'avoir confiance en soi, de relever les défis et d'assumer les responsabilités. « Les gens ne vous feront confiance que s'ils ont pu constater ce que vous avez déjà accompli, notamment en matière de prise de décision », déclare-t-elle.

Partager

À lire aussi