Afrique
Éthiopie : reprise des combats au Tigré et frappe de drone sur Mekelle
Des combats ont repris le 1er août près de Shererina, au Tigré occidental, entre forces fédérales et TPLF. Une frappe de drone a touché Mekelle le 20 août, faisant 13 blessés. La communauté internationale appelle au dialogue le 26 août.
Par Rédacteur NIE
· 4 min de lecture

Reprise des affrontements début août
Le 1er août 2026, des combats ont éclaté près de Shererina, dans le Tigré occidental, à proximité de la frontière avec le Soudan, selon RFI. Le numéro deux du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) affirme que les forces fédérales ont lancé une offensive avec de l'artillerie lourde contre leurs positions. Les affrontements ont duré de 6h à 17h environ, d'après des sources locales et sécuritaires citées par RFI. Addis-Abeba n'a pas confirmé cette version des faits. Selon Jeune Afrique, les Forces de défense du Tigré (TDF), placées sous le commandement du TPLF, ont affronté les Forces nationales de défense éthiopiennes, la milice Tekeze Zeb ainsi que les forces de police de la région Amhara. Une source médicale à la frontière a indiqué à RFI que des combattants blessés ont été transférés vers al-Hashaba, au Soudan, à 15 km de là.
Frappe de drone sur la capitale régionale
Le 20 août 2026, les autorités du Tigré accusent l'armée fédérale d'avoir mené une frappe de drone sur le quartier résidentiel de Daero, à l'ouest de Mekelle, capitale de la région. Selon le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, cité par RFI, la frappe « avait pour cible des civils ». L'hôpital d'Ayder a pris en charge 13 blessés, âgés de 2 à 60 ans, dont cinq enfants. Trois d'entre eux présentent des blessures graves, selon le coordinateur des urgences interrogé par l'AFP et rapporté par RFI. Plusieurs maisons ont été partiellement détruites. Un drone se serait également abattu près de l'université de Mekelle. Selon le chercheur Kjetil Tronvoll, cité par RFI, cette frappe « vise probablement à éliminer des cibles de haut rang au sein du TPLF » et montre que le gouvernement est « prêt à recourir à des moyens de plus en plus durs ».
Appels internationaux au dialogue et contexte humanitaire
Le 26 août 2026, l'Union européenne, ses États membres, le Canada et le Royaume-Uni ont exprimé leur « grande préoccupation » face à la reprise des combats, dans un communiqué conjoint rapporté par RFI. Ils jugent qu'une « nouvelle confrontation militaire dans le Tigré, région déjà sévèrement affectée par la sécheresse et d'énormes besoins humanitaires, serait dévastatrice ». L'ambassade des États-Unis en Éthiopie a appelé la veille à privilégier la paix. L'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l'Union africaine pour la Corne de l'Afrique, s'est rendu à Mekelle le 24 août pour tenter de relancer le dialogue. Selon l'Union africaine, citée par RFI, la guerre de 2020-2022 a fait environ 600 000 morts et déplacé quelque deux millions de personnes. Un million de déplacés ne sont toujours pas rentrés chez eux, selon les Nations unies. La Croix-Rouge estime que 13 millions de personnes ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Selon Jeune Afrique, plus de 50 000 personnes ont été déplacées depuis le 13 avril par des combats dans la zone de Raya, région disputée. Le gouvernement éthiopien rejette les allégations des autorités du Tigré mettant en garde contre une « catastrophe humanitaire ».
Alliances régionales et accord de Pretoria fragilisé
Selon l'analyse de René Lefort, chercheur spécialiste de l'Éthiopie, rapportée par RFI le 11 août, deux blocs régionaux se constituent : d'un côté l'Égypte, l'Érythrée, le Soudan (sous Al-Burhan) et l'Arabie saoudite, alliés aux guérillas du Tigré, de l'Amhara et de l'Oromia ; de l'autre l'Éthiopie, les Émirats arabes unis, les Forces de soutien rapides (FSR) soudanaises et le Sud-Soudan. Lefort souligne que l'accord de Pretoria de 2022 est « largement inappliqué » : le blocus du Tigré se poursuit, les fonctionnaires ne sont plus payés depuis l'automne, et une désertion massive de jeunes tigréens fuyant la conscription est observée. Le TPLF estime selon lui que « toute discussion avec le pouvoir d'Addis-Abeba est impossible » et que la guerre est le seul moyen de lever le blocus. Le Parti révolutionnaire du peuple éthiopien, parti d'opposition, accuse le gouvernement fédéral de « pousser le Tigré vers une nouvelle guerre », selon RFI.
À lire aussi
AfriqueMaroc : frustrations des électeurs à l'approche des législatives du 23 septembre
Selon RFI Afrique, les Marocains votent le 23 septembre pour les législatives dans un climat d'insatisfaction ; un universitaire évoque la possibilité d'une première femme Premier ministre.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
AfriqueGuinée : audience pour « tentative de trouble à l'ordre public » après une discussion dans un taxi
Seydouba Soumah comparaît ce mercredi 16 septembre devant le tribunal de Kaloum à Conakry. Il est poursuivi pour « tentative de trouble à l'ordre public » après une conversation dans un taxi clandestin le 1er septembre, selon RFI.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
AfriqueMamy Ravatomanga abandonne son recours à Londres et fait face à une nouvelle enquête à Maurice
L'homme d'affaires malgache Mamy Ravatomanga, détenu à Maurice pour blanchiment d'argent, a retiré son appel devant le Conseil privé du roi à Londres. Une enquête pour tentative de corruption vise désormais un ancien conseiller du Premier ministre mauricien.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
