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Entre le Nigeria et le Ghana, la crise de l'oignon révèle les limites du libre-échange

IMAGE : marché de Kotoka Accra, oignons Nigeria Ghana

Par Rédacteur NIE

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Entre le Nigeria et le Ghana, la crise de l'oignon révèle les limites du libre-échange
Photo d'illustration© Agyemangy, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Depuis avril, des cargaisons d'oignons nigérians ont été saisies sur des marchés ghanéens, notamment à Accra. En réponse, les négociants du nord du Nigeria ont suspendu leurs exportations vers le Ghana. Un accord tacite a depuis été trouvé, selon RFI.

Selon RFI, plusieurs cargaisons d'oignons nigérians ont été saisies ces derniers mois sur des marchés ghanéens par des commerçants locaux. En réponse, les négociants nigérians ont interrompu leurs exportations vers le Ghana. Le différend porte sur les règles de distribution sur les marchés ghanéens, avec en toile de fond la question des prix.

Un marché crucial pour la filière nigériane

Le Ghana est un marché important pour la filière nigériane. Près de 100 000 tonnes d'oignons y sont exportées chaque année, rapporte RFI. Des camions ont été interceptés et des centaines de tonnes d'oignons saisies sur le marché de Kotoka à Accra. Ces incidents se sont produits à plusieurs reprises depuis le mois d'avril. Ils ont conduit les acteurs du nord du Nigeria à suspendre les livraisons d'oignons vers le Ghana.

David Olujinmi, analyste économique chez SBM Intelligence, basé à Lagos, explique à RFI que les Nigérians vendent les oignons sur le marché au prix qu'ils ont fixé. C'est précisément ce qui ne passe pas auprès des commerçants ghanéens. Selon lui, ces derniers estiment que les Nigérians arrivent avec leurs produits et font baisser les prix, car les oignons qu'ils vendent sont proposés à un prix bien moins élevé. Les oignons produits au Ghana ne sont donc pas compétitifs par rapport à ceux que les Nigérians apportent sur le marché ghanéen.

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Un accord tacite, mais des questions de fond

Un accord tacite a depuis été trouvé. Le différend est terminé, assure l'Association nigériane des producteurs, transformateurs et distributeurs d'oignons, citée par RFI. Mais pour David Olujinmi, cet épisode soulève des questions plus profondes sur le cadre du libre-échange interafricain. Il souligne que l'excédent commercial du Nigeria avec l'Afrique de l'Ouest est gigantesque. Le Nigeria n'achète pas énormément aux autres pays, mais il leur vend beaucoup de produits. La monnaie nigériane est probablement la plus faible de la sous-région, ce qui rend les produits nigérians plus compétitifs en termes de prix. Mais le commerce doit fonctionner dans les deux sens, estime l'économiste. Selon lui, les pays comme le Ghana commencent à subir des pressions politiques pour protéger leurs propres producteurs locaux, et toutes ces pressions conduisent à des restrictions informelles.

Mieux appliquer les règles existantes

Pour Paul Akande, chargé de programme pour le développement de l'aquaculture à la Commission de la Cédéao, le différend commercial entre le Nigeria et le Ghana ne nécessite pas la mise en place d'un nouvel accord. Les deux pays sont déjà liés par les mécanismes de libre-échange de l'organisation régionale. L'enjeu est plutôt de renforcer l'information auprès des acteurs économiques et de rappeler les règles existantes. Il plaide pour davantage de sensibilisation et d'information, afin de rappeler que les deux pays appartiennent au même espace commercial et ont le droit de commercer librement dans le cadre des mécanismes de libre-échange de la Cédéao.

Cette sensibilisation doit concerner l'ensemble des acteurs de la chaîne commerciale, ajoute Paul Akande. Exportateurs, importateurs, acheteurs et vendeurs doivent comprendre qu'ils doivent faire preuve de souplesse et de compréhension, parce qu'ils appartiennent au même espace commercial et sont liés par les mêmes accords de libre-échange.

Cette question intervient alors que le commerce entre les pays d'Afrique de l'Ouest poursuit sa progression. Selon le dernier rapport de la Banque africaine d'import-export, Afreximbank, cité par RFI, la région affichait un taux d'échange intra-régional élevé de 76,1 % l'année dernière. La banque souligne notamment le dynamisme de plusieurs corridors commerciaux, parmi lesquels celui reliant la Côte d'Ivoire et le Nigeria.

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