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Justice

Décès de Dafroza Gauthier, militante pour la justice au Rwanda

Dafroza Gauthier, fondatrice du Collectif des parties civiles pour le Rwanda, est morte à Reims le 3 octobre 2026 à 72 ans. Cette militante franco-rwandaise a passé près de trente ans à poursuivre les auteurs présumés du génocide des Tutsi de 1994.

Par Rédacteur NIE

· 2 min de lecture

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Décès de Dafroza Gauthier, militante pour la justice au Rwanda
Photo d'illustration© G.Garitan, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Dafroza Gauthier est décédée à Reims des suites d'un cancer à l'âge de 72 ans, ce samedi 3 octobre 2026, selon RFI. Née Dafroza Mukarumongi le 4 août 1954 à Butare, dans le sud du Rwanda, elle a fondé avec son mari Alain Gauthier le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Le couple a consacré près de trente ans à enquêter bénévolement pour identifier et faire juger les responsables présumés du génocide des Tutsi, ce qui leur a valu le surnom de « Klarsfeld du Rwanda », rapporte la même source.

Parcours et engagement judiciaire

L'action du CPCR a permis l'ouverture d'une série de procès en France, le premier ayant lieu en 2014 avec le jugement de Pascal Simbikangwa, ancien directeur du service de renseignement sous la présidence de Juvénal Habyarimana, selon RFI. Dafroza Gauthier répétait régulièrement qu'elle recherchait « la justice, pas la vengeance ». Son engagement a débuté après que sa vie personnelle a basculé en 1994, alors qu'elle séjournait à Kigali pour rendre visite à sa famille.

Une vie marquée par le génocide

Selon le récit qu'elle a livré à l'AFP et cité par RFI, Dafroza Gauthier a connu très jeune les violences anti-tutsi : son instituteur décapité en 1960, la maison familiale brûlée. Envoyée au Burundi en 1973 pour sa sécurité, elle rejoint la France la même année où elle retrouve Alain Gauthier, coopérant rencontré à Butare. Ils se marient en 1977. En février 1994, de retour à Kigali, elle ne parvient pas à faire évacuer sa famille. Sa mère est abattue le 8 avril 1994 dans une paroisse. « Oncles, neveux, cousins... » sont également exterminés, soit « entre 70 et 80 personnes » du côté maternel, souffle-t-elle dans ce témoignage rapporté par RFI.

Réactions et héritage

Christophe Renzaho, président de la Communauté rwandaise de France, a réagi au micro de RFI : « C'était une grande personnalité. Je pense à sa famille. La justice perd quelqu'un de très important, une personne qui n'avait pas de limites quand il s'agissait de mettre les personnes qui ont commis le génocide contre les Tutsis devant la justice. C'était son sacerdoce et elle l'a fait jusqu'à son dernier souffle. »

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