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Ceuta : crise migratoire, tensions diplomatiques et situation humanitaire critique

Le Premier ministre espagnol nie toute implication marocaine dans l'afflux de 70 000 migrants fin juillet, alors qu'un rapport policier évoque une « permissivité » des forces de l'ordre marocaines. Des milliers de personnes, dont de nombreux mineurs, restent bloquées dans l'enclave.

Par Rédacteur NIE

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Ceuta : crise migratoire, tensions diplomatiques et situation humanitaire critique
Photo d'illustration© Adam Cli, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Afflux massif et versions contradictoires

Fin juillet 2026, entre 70 000 et 72 000 migrants sont entrés en deux jours dans l'enclave espagnole de Ceuta, selon les chiffres cités par le ministère espagnol de l'Intérieur et Jeune Afrique. La majorité a été renvoyée vers le Maroc, mais plusieurs milliers restent sur place. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a déclaré le 3 septembre devant les députés ne pas disposer de « preuve solide » d'une implication des autorités marocaines, selon RFI. Cette position est contestée par l'opposition espagnole de droite et d'extrême droite.

Un rapport de la police espagnole, fuité dans la presse le 2 septembre et consulté par plusieurs médias, ne reproche pas directement à Rabat d'avoir organisé l'afflux, mais pointe un « faisceau d'indices » vers une attitude « permissive, voire facilitant le passage » des forces de l'ordre marocaines, rapporte RFI. Le document note l'absence de « tentative sérieuse » d'éloigner la foule du périmètre frontalier et l'aide de certains policiers indiquant aux migrants où passer. Des individus sans uniforme mais au profil similaire, présents sur des vidéos, semblent avoir joué un rôle de gestion du flux, ce qui serait « incompatible avec un mouvement de masse purement spontané », selon le rapport cité par RFI.

Revendications de souveraineté et tensions diplomatiques

Parallèlement, la question du statut de Ceuta resurgit. Le 24 août, lors de la veillée du Mawlid en présence du roi Mohammed VI, le ministre marocain des Habous Ahmed Toufiq a cité « Sebta » (nom marocain de Ceuta) en évoquant la mobilisation pour « libérer les villes occupées sur l'océan Atlantique », selon RFI. Quelques jours plus tôt, le ministre marocain de la Justice avait appelé au « retour de Sebta à la patrie ». L'Espagne considère ces territoires comme souverains ; le Maroc les revendique sans porter l'affaire devant l'ONU, se concentrant sur le Sahara occidental. Madrid soutient le plan d'autonomie sous souveraineté marocaine pour ce dernier territoire.

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Situation humanitaire dégradée

Près de trois semaines après l'afflux, la crise humanitaire persiste. Selon RFI du 20 août, au moins 7 000 migrants seraient encore à Ceuta. Le gouvernement espagnol a transféré 1 800 personnes dormant sur la plage de Trampolin vers des centres d'hébergement temporaires, dont un complexe militaire pour les subsahariens et un parking surveillé pour les Marocains. Cinq cents mineures isolées doivent être transférées vers l'Espagne continentale. Des ONG et un médecin bénévole estiment le nombre de personnes restantes entre 7 000 et 10 000, dont un millier de mineurs marocains non accompagnés, selon RFI des 16 et 20 août.

Les conditions de vie sont décrites comme insalubres : pas d'eau courante, pas d'électricité, abris de fortune en cartons, pathologies cutanées et respiratoires. Un migrant camerounais témoigne : « L'insalubrité est fréquente [...] la poussière est constante », rapporte RFI le 17 août. Le Maroc réclame le retour de ses mineurs, mais la loi espagnole interdit les expulsions collectives et impose un examen individuel pour chaque enfant, rappelle RFI le 16 août. Le Parti populaire (conservateur) et Vox (extrême droite) refusent d'accueillir ces mineurs dans leurs régions, alors que le secrétaire d'État à l'Enfance Ruben Perez Correa rappelle que « les expulsions massives de mineurs sont illégales », selon RFI du 20 août.

Bilan humain et mobilisation marocaine

Côté marocain, 11 décès sont recensés, contre au moins 80 côté espagnol selon une commission de médecine légale, et 141 selon l'Association marocaine des droits humains (AMDH), cite Jeune Afrique le 13 août. Face aux rumeurs d'une réouverture du poste-frontière de Fnideq le 15 août, le ministère marocain de l'Intérieur a annoncé le 12 août mobiliser ses forces pour « contrer toute tentative de passage illégal » et interpellé un « groupe d'individus » soupçonnés d'inciter au passage sur les réseaux sociaux, selon Jeune Afrique. Des procédures judiciaires sont engagées contre les diffuseurs de ces appels.

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