International
L'ONU adopte une réforme de la cartographie mondiale plus proche de la réalité
L'Assemblée générale de l'ONU a adopté vendredi 4 septembre une résolution pour promouvoir une représentation cartographique mondiale plus fidèle à la taille réelle des continents, agrandissant notamment l'Afrique et rétrécissant les États-Unis, selon RFI Afrique.
Par Rédacteur NIE
· 3 min de lecture

Une résolution portée par le Togo et l'Union africaine
Le texte, porté par le Togo et l'Union africaine et coparrainé par la France, a été adopté par 164 voix contre une, celle des États-Unis, et six abstentions, rapporte RFI Afrique. Il vise à encourager les organisations internationales et les États à utiliser des représentations cartographiques de type « Equal Earth ». Cette cartographie abandonne la projection dite « de Mercator » du nom de Gerardus Mercator, géographe, cartographe, philosophe et théologien né en Flandres en 1512. Sa carte du monde a été conçue pour la navigation maritime et agrandit artificiellement les territoires situés aux hautes latitudes. Une distorsion qui « contribue à minimiser dans les esprits la taille de l'Afrique, de l'Amérique latine et de l'Asie du Sud, et à perpétuer une vision déséquilibrée » de la planète, selon le texte de la résolution cité par RFI Afrique.
Un changement de représentation pour une justice cognitive
Avec cette résolution, l'ONU encourage officiellement les États membres, les institutions internationales et les lieux d'enseignement à laisser tomber le planisphère tel qu'on le connaît depuis plusieurs siècles, où les pays près des pôles sont surreprésentés - et au contraire, les pays subsahariens sont réduits, rapporte RFI Afrique. Le Groenland y paraît ainsi comparable à l'Afrique, alors que l'Afrique est environ quatorze fois plus vaste. Le chef de la diplomatie togolaise, Robert Dussey, a expliqué que ces biais répercutés de génération en génération avaient une influence sur nos perceptions collectives et que cette représentation injuste, au final, était bien plus vaste que la cartographie, mais qu'elle concernait la justice cognitive, la dignité des peuples, la mémoire historique et la lutte contre les représentations héritées. « Cette initiative ne vise aucune nation, aucune civilisation ni aucune tradition cartographique », mais « est guidée par une ambition universelle : promouvoir une connaissance fondée sur la rigueur scientifique, le respect de la vérité et l'égale dignité de tous les peuples », a insisté Robert Dussey, selon RFI Afrique. L'Europe, la Chine, la Russie et les États-Unis voient ainsi leur surface réduite en suivant ces conseils - mais seul Washington a refusé de se joindre à l'écrasante majorité pour faire passer la résolution. Quelques heures plus tôt, la France avait annoncé officiellement abandonner l'ancien planisphère. Dans un discours prononcé vendredi à la Sorbonne, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que « changer de carte ne change évidemment pas le monde. (...) Mais corriger une représentation qui le déforme, c'est déjà faire œuvre de vérité », rapporte RFI Afrique.
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