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Arabie saoudite : alliés fragilisés et défenses sous pression au Yémen

Selon Politico.cd citant l'AFP, la reprise des combats au Yémen depuis le 6 octobre 2026 expose les difficultés militaires de Riyad face aux Houthis, entre revers de ses alliés yéménites et limites de sa défense aérienne malgré 83 milliards de dollars de dépenses.

Par Rédacteur NIE

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Arabie saoudite : alliés fragilisés et défenses sous pression au Yémen
Photo d'illustration© Unknown authorUnknown author, Wikimedia Commons (Public domain)

Revers des forces soutenues par Riyad

Depuis le 6 octobre 2026, les affrontements se sont intensifiés entre les forces du gouvernement yéménite internationalement reconnu, soutenues par l'Arabie saoudite, et les combattants houthis, appuyés par l'Iran, selon les informations rapportées par Politico.cd citant l'AFP. Cette nouvelle phase s'accompagne d'attaques contre des infrastructures stratégiques du royaume, notamment des installations aéroportuaires et énergétiques.

Pour Majed al-Yafai, militant et analyste politique yéménite établi aux États-Unis, les difficultés rencontrées par les forces soutenues par l'Arabie saoudite ne constituent pas un phénomène nouveau. Dans une publication sur le réseau social X, il évoque des reculs militaires répétés sur plusieurs fronts, notamment dans les régions d'Al-Jawf et de Marib. L'analyste met particulièrement en cause certaines formations affiliées au parti Al-Islah, mouvement islamiste yéménite historiquement lié aux Frères musulmans, qu'il accuse d'avoir abandonné des positions stratégiques sans opposer une résistance suffisante aux Houthis.

Selon lui, ces revers interrogent autant les capacités opérationnelles des forces concernées que les choix militaires de leurs soutiens régionaux. « La responsabilité politique et militaire n'incombe pas uniquement à ces formations : l'Arabie saoudite en porte la plus grande part, puisqu'elle est à l'origine de leur soutien, de ses paris sur elles et de sa supervision de ces formations militaires affiliées aux Frères musulmans », affirme-t-il. Majed al-Yafai reproche notamment à Riyad d'avoir continué à soutenir des responsables militaires dont les résultats sur le terrain seraient insuffisants. Il estime que les fronts placés sous supervision saoudienne ont connu plusieurs pertes de positions, sans que ces expériences conduisent à une révision suffisamment profonde des choix de commandement.

L'analyste s'interroge également sur les différences de résultats entre les forces soutenues par l'Arabie saoudite et certaines formations appuyées par les Émirats arabes unis, particulièrement dans le sud du Yémen. Cette comparaison reflète les rivalités politiques et militaires qui traversent le camp opposé aux Houthis. Les différentes forces officiellement hostiles à la rébellion ne poursuivent pas nécessairement les mêmes objectifs, notamment sur la question de l'avenir institutionnel du sud du pays, où plusieurs mouvements revendiquent une autonomie accrue ou le retour à l'indépendance.

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Dépenses militaires massives et menace des drones

Les difficultés évoquées ne se limitent pas aux opérations terrestres au Yémen. Depuis le début de l'intervention militaire saoudienne dans ce pays, en 2015, les Houthis ont démontré leur capacité à mener des attaques de drones et de missiles contre des installations situées à l'intérieur du territoire saoudien. Les infrastructures pétrolières, les aéroports et d'autres installations stratégiques ont figuré parmi les cibles de ces opérations.

Ces attaques ont régulièrement alimenté le débat sur l'efficacité des systèmes de défense aérienne du royaume, malgré les moyens financiers considérables consacrés à son équipement militaire. Dans une analyse consacrée à cette question, CNN a notamment souligné le contraste entre les dépenses militaires saoudiennes et les difficultés rencontrées pour protéger certaines infrastructures vitales contre des projectiles lancés depuis le Yémen.

L'Arabie saoudite dispose pourtant d'équipements militaires sophistiqués acquis principalement auprès des États-Unis et de plusieurs pays européens, notamment des avions de combat et des systèmes de défense antiaérienne. D'après les données de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) citées dans les éléments disponibles, les dépenses militaires saoudiennes auraient atteint 83 milliards de dollars sur l'année de référence. Ces investissements témoignent de l'importance accordée par Riyad à la modernisation de ses capacités militaires. Ils ne garantissent cependant pas une protection absolue contre les attaques de drones et de missiles, particulièrement lorsque les menaces sont multiples et difficiles à intercepter. La capacité des Houthis à recourir à des moyens d'attaque relativement peu coûteux pose ainsi un défi opérationnel et financier aux dispositifs de défense conventionnels.

Alliances régionales en question

Au-delà de ses capacités militaires, l'Arabie saoudite s'est appuyée sur des partenariats régionaux pour défendre ses intérêts sécuritaires et renforcer son influence dans les conflits du Moyen-Orient. Mais, selon les informations rapportées, certaines tentatives visant à mobiliser des partenaires supplémentaires dans la guerre au Yémen n'auraient pas abouti.

Riyad aurait notamment cherché à obtenir l'engagement de combattants issus de formations armées présentes au Soudan, dont la brigade Al-Baraa ben Malik, associée à des mouvances islamistes. Ces groupes auraient refusé de déployer des hommes contre les Houthis, malgré les relations de soutien existantes.

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