Aller au contenu
Citoyen du Ciel, Media International

International

Troisième sommet Russie-Afrique : 146 accords annoncés mais peu de financements concrets

À Moscou, le troisième sommet Russie-Afrique s'est achevé avec l'annonce de 146 accords. Selon RFI, les dirigeants africains réclament le passage à la mise en œuvre, tandis que les sanctions et l'exclusion de SWIFT compliquent les financements, notamment pour l'accord entre la banque de l'AES et VEB

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

Partager
Troisième sommet Russie-Afrique : 146 accords annoncés mais peu de financements concrets
Photo d'illustration© Russian Presidential Executive Office, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Un bilan officiel volumineux mais des résultats attendus

Le troisième sommet Russie-Afrique s'est achevé sur une note de satisfaction générale, rapporte RFI. L'organisateur officiel, Roscongress, a publié un bilan mirobolant : 92 accords, 54 mémorandums et un Plan d'action 2027-2029 en 19 domaines. La Russie a payé rubis sur l'ongle les frais de séjour de la majorité des chefs de délégation via des cartes bancaires prépayées.

Pourtant, plusieurs présidents africains ont tenu le même discours. Le Burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine, ainsi que Félix Tshisekedi, Denis Sassou Nguesso et Azali Assoumani ont répété la nécessité de « passer de la planification à la mise en œuvre », avec financement, calendrier et évaluation. C'est l'aveu, selon RFI, que les précédents sommets de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023 n'ont pas débouché sur grand-chose de concret.

Le paiement des délégations et l'obstacle SWIFT

La logistique financière du sommet illustre les difficultés structurelles. Depuis 2022, la Russie est exclue du système SWIFT. Les cartes Visa et Mastercard étrangères ne fonctionnent plus à Moscou. Les participants africains doivent arriver avec du cash ou, pour quelques pays comme l'Afrique du Sud, l'Égypte ou le Maroc, avec une carte UnionPay chinoise.

Le modèle alternatif poussé par les BRICS (SPFS russe, CIPS chinois) ne prend pas, même dans le pré carré de l'Alliance des États du Sahel (AES) et en Centrafrique. La raison est économique : la Russie représente moins de 1 % des investissements directs étrangers entrants en Afrique et moins de 2 % du commerce ouest-africain. La guerre en Ukraine et les sanctions vident les caisses de Moscou, elles ne vont pas les remplir en Afrique, analyse RFI.

L'accord AES-VEB : un cadre sans garanties financières

Sur le papier, l'accord entre la Banque de développement de l'AES (BCID-AES) et la banque russe VEB.RF est inédit. Dans les faits, il s'agit d'un accord-cadre sans montant ni calendrier précis. La BCID-AES cherche 1 000 milliards de FCFA pour doubler son capital.

Problème : VEB.RF n'a jamais géré de banque en Afrique, ne possède pas de licence UEMOA et est exclue de SWIFT depuis 2022. Elle ne peut pas envoyer un euro à la BCEAO. Trois pistes techniques sont évoquées : un compte en roubles converti via Dubaï, le paiement en nature sur le modèle Wagner, ou le passage par une filiale non sanctionnée. Cette dernière option nécessiterait l'aval de la BCEAO et de la Banque de France. L'ensemble est complexe, lent et risqué : en contournant SWIFT, l'AES s'expose à des sanctions européennes. D'où le flou maintenu, conclut RFI.

Partager

À lire aussi