Société
Sud-Kivu : quinze élèves meurent piétinés dans une bousculade à Kasheke
Quinze élèves des écoles Ujamaa et Furaah sont morts ce jeudi à Kasheke près de Bukavu en fuyant un incendie, selon un bilan provisoire des autorités locales cité par Politico.cd. La ville ne dispose d'aucun camion anti-incendie.
Par Rédacteur NIE
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Quinze élèves sont morts et plusieurs autres ont été grièvement blessés ce jeudi 10 septembre à Kasheke, dans les environs de Bukavu, au Sud-Kivu, selon un bilan provisoire donné par les autorités locales et rapporté par Politico.cd. Les victimes sont des élèves des écoles Ujamaa et Furaah. Elles ne sont pas mortes dans les flammes : elles ont été piétinées dans la bousculade qui a suivi le départ du feu. D'autres personnes, asphyxiées, sont prises en charge, rapporte le média en citant Radio Okapi. Le bilan est provisoire. Au moment de la publication, ni Radio Okapi ni l'Agence congolaise de presse n'avaient publié sur ce sinistre. Le décompte, la localisation exacte et l'origine du feu restent à confirmer.
Une série d'incendies chiffrée depuis février 2025
Bukavu vit une série d'incendies dont l'ampleur est documentée. Depuis février 2025, 2 831 maisons ont brûlé à travers le Sud-Kivu, selon des chiffres relayés par Politico.cd. Rien que dans la semaine du 6 septembre, environ 700 maisons ont été consumées à Bukavu. Dans la nuit du 5 au 6 septembre, au moins soixante-dix constructions ont disparu avenue Mulengeza, au quartier Panzi. Le 6 septembre, une galerie du marché de Kadutu a brûlé : soixante-six portes détruites, quatre dépôts de boissons réduits en cendres, environ quatre-vingts opérateurs économiques ruinés et une centaine de familles sans abri. Une enquête du Parlement citoyen pour la démocratie et la bonne gouvernance, relayée le 20 août, dénombrait déjà plus de 10 000 victimes d'incendies au Sud-Kivu, plus de 1 900 ménages touchés et au moins 1 500 maisons brûlées à Bukavu depuis février 2025, sans assistance. Les morts étaient jusqu'ici surtout des enfants. Dans la nuit du 26 au 27 octobre 2025, au quartier Mosala, un incendie a tué quatorze personnes, dont douze enfants, deux familles entières. Le 19 octobre 2025, trois enfants avaient péri au quartier Nyalukemba.
Deux écoles déjà détruites la semaine précédente
Le sinistre de ce jeudi n'est pas le premier à frapper une école de Bukavu ce mois-ci. Dans la nuit du 2 au 3 septembre, au quartier Cahi, l'école primaire Uhuru et l'Institut Fariala ont été entièrement détruits par le feu. Plus de cinq cents élèves se sont retrouvés sans classe, une semaine après la rentrée. Il n'y a eu ni mort ni blessé, l'incendie s'étant déclaré la nuit. Un détail avait retenu l'attention de la société civile locale : les deux établissements n'étaient raccordés ni au réseau électrique ni à des cuisines. Aucune des deux causes habituelles ne pouvait donc être invoquée. La piste criminelle avait été évoquée. Aucune conclusion d'enquête n'a été rendue publique depuis.
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Aucun moyen de lutte contre le feu
C'est le point sur lequel toutes les sources concordent depuis des années : Bukavu ne dispose d'aucun moyen de lutte contre le feu. En octobre 2025, après l'incendie de Mosala, Adolphe Bandeke, ancien responsable de la protection civile au Sud-Kivu, déclarait à l'AFP que « Bukavu ne dispose même pas de camions anti-incendies ». Deux ans plus tôt, il expliquait déjà que 108 sapeurs-pompiers venaient d'être formés dans la province et attendaient leurs équipements, que le véhicule offert par la MONUSCO à la mairie avait été endommagé dans un accident, et que le service dépendait d'un camion prêté par une entreprise privée. « La protection civile existe depuis 1931 mais c'est un service qui n'a pas été beaucoup développé », disait-il. Sur le terrain, ce sont les volontaires de la Croix-Rouge et les jeunes du quartier qui interviennent, à mains nues. Dans plusieurs sinistres documentés, des maisons ont été volontairement abattues pour couper la propagation, faute d'eau et de lances. Un élément aggrave encore la situation : le bâti. Radio Okapi documentait dès 2023 des quartiers de Bukavu construits sans aucun espacement entre les maisons et sans rues permettant le passage d'un véhicule de secours. Un député provincial y avertissait que la ville risquait de disparaître, soit par les incendies, soit par les érosions.
Un cadre légal sans norme incendie pour les écoles
La loi-cadre n° 1
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