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Sénégal : les Jeux olympiques de la jeunesse peinent à mobiliser dans un contexte de crise économique

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Par Rédacteur NIE

· 4 min de lecture

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Sénégal : les Jeux olympiques de la jeunesse peinent à mobiliser dans un contexte de crise économique
Photo d'illustration© 4MAPS, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Selon RFI, à un mois des Jeux olympiques de la jeunesse prévus du 31 octobre au 13 novembre au Sénégal, l'engouement reste faible face aux urgences économiques et sociales, rapportent des habitants interrogés par l'AFP. IMAGE : Sénégal Jeux olympiques jeunesse Dakar

Le marché hebdomadaire de Grand-Yoff à Dakar bat son plein, mais les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), premiers jeux olympiques organisés en Afrique, peinent à s'imposer dans les conversations, selon un reportage de RFI publié le 1er octobre 2026. L'agence AFP, citée par RFI, a interrogé plusieurs habitants à un mois du coup d'envoi, prévu le 31 octobre.

Contexte économique et dette cachée

Ces Jeux interviennent dans un contexte économique difficile pour le Sénégal depuis la découverte en 2024 d'une « dette cachée » laissée par le régime de l'ex-président Macky Sall (2012-2024), rapporte RFI. Depuis, la confiance des partenaires économiques internationaux s'est érodée. Le pays vient de parvenir à un accord de principe avec le Fonds monétaire international (FMI) sur un nouveau programme de 2,2 milliards de dollars (1,94 milliard d'euros), qui doit encore être finalisé, selon la même source.

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Travaux d'infrastructures et budget

Depuis plusieurs mois, les Dakarois vivent au rythme des travaux de rénovation d'infrastructures ou d'espaces publics pour les Jeux. Contactées par l'AFP, les autorités sénégalaises n'ont pas précisé le montant de ces travaux, indique RFI. Le budget 2026 prévoit environ 139 millions d'euros pour le programme d'infrastructures des JOJ. Par ailleurs, l'Agence française de développement (AFD) a accordé un prêt de 80 millions d'euros au Sénégal pour réhabiliter des installations sportives et créer des équipements de proximité, selon l'article.

Réactions contrastées de la population

Sur la place Mamadou Diop de Yoff, le passage de la flamme olympique ne suscite pas l'engouement attendu, relate RFI. Moussa Diop, mécanicien de 19 ans, et Ibrahima Samb, serveur de 26 ans, s'interrogent sur l'utilité de l'événement. « Ces Jeux, nous aurions vraiment pu nous en passer au vu de la situation actuelle du pays, ou du moins les reporter. Les gens souffrent. Ils ne travaillent même plus pour vivre, mais pour survivre », déclare Ibrahima Samb, cité par l'AFP.

Arame Diop, 34 ans, venue acheter des vêtements pour ses enfants, estime que l'argent consacré aux infrastructures pourrait répondre à d'autres besoins. « Beaucoup de jeunes diplômés cherchent désespérément du travail sans jamais rien trouver », se désole-t-elle, selon l'AFP.

Mamadou Ndiaye, vendeur ambulant de 43 ans, évoque avec amertume le déguerpissement de plusieurs vendeurs à la sauvette pour faire place nette sur les trottoirs. « On ne peut pas sacrifier des milliers de pères de famille qui n'arrivent pas à payer le loyer, la scolarité de leurs enfants ou à subvenir aux besoins de leurs proches pour un événement qui dure moins d'un mois », proteste-t-il, cité par l'AFP. Ibrahima Baldé abonde : « La priorité, actuellement, c'est le coût de la vie : l'électricité, l'eau, la nourriture, les loyers. Tout a explosé. »

Espoirs économiques pour les artisans

Toutefois, le discours se nuance chez certains acteurs économiques. Ibrahima Baldé reconnaît le potentiel des Jeux pour les petits commerçants : « Beaucoup de pays vont envoyer des délégations, qui viendront avec leurs devises. Le petit commerçant va s'y retrouver, de même que le transport et les propriétaires de logements », espère-t-il, selon l'AFP.

Au village artisanal de Soumbédioune, sur la Corniche de Dakar, l'arrivée prochaine des athlètes suscite de l'espoir. Aliou Sow, 70 ans, secrétaire général d'une association de sculpteurs, voit dans les JOJ une « opportunité économique » en cette « période difficile ». « Avec tous les participants qui sont attendus, cela peut être une bonne chose pour le Sénégal », soutient-il, cité par l'AFP. Anna Sèye, 36 ans, artisane, estime que les JOJ « peuvent être une bonne chose », même s'ils ne constituent pas « à 100% » une priorité. Elle plaide pour pouvoir exposer ses produits sur les sites des Jeux, rapporte l'AFP.

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