Afrique
Centrafrique : les Bangui Financial Days cherchent des solutions de financement pour le secteur privé
À Bangui, la Banque mondiale et la SFI participent aux Bangui Financial Days pour discuter de l'accès au crédit des entreprises centrafricaines, freiné par l'absence d'états financiers et un cadre légal inachevé, selon RFI.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Accès au crédit freiné par l'absence d'états financiers
Lors des Bangui Financial Days, Aliou Maïga, directeur régional de la Société financière internationale (SFI), branche secteur privé de la Banque mondiale, a rappelé les critères classiques d'octroi de crédit. « Une entreprise qui peut démontrer qu'elle a des activités ou des garanties pouvant permettre de rembourser le montant qu'elle demande en général se fera financer », a-t-il déclaré, selon RFI. Le responsable identifie l'obstacle principal : « La question, c'est : comment une entreprise peut démontrer qu'elle a suffisamment d'activité pour rembourser ses prêts ? Dans les pays les plus avancés, on parle des états financiers. Mais il n'y en a pas ici. »
La technologie comme levier d'analyse alternative
Face à ce vide, Aliou Maïga évoque le recours aux nouvelles technologies. « Sans état financier, qu'est-ce qu'on peut regarder ? Classiquement, les banques vont demander des garanties. Et là, également la technologie permet dans beaucoup de cas aujourd'hui de pouvoir faire des analyses basées sur les comportements et les flux », explique-t-il, cité par RFI. Cette approche permettrait d'évaluer la solvabilité sans les documents comptables traditionnels.
Continuer la lecture1 min
Témoignage d'un entrepreneur ayant structuré son activité
Benois Mandogo, directeur de l'entreprise OR Rouge, productrice d'huile de palme à Bossongo Café, à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Bangui, témoigne de l'impact de l'informel. « Pendant dix ans, nous avons travaillé dans l'informel, sans papiers, sans infrastructures, sans électricité et sans véritable vision. Nous travaillions manuellement, avec des outils et des équipements archaïques. Ce manque de professionnalisation ne me permettait pas d'accéder au financement bancaire ni au crédit », rapporte-t-il à RFI. Après six mois de formations et de colloques sur l'entrepreneuriat, il affirme avoir structuré son entreprise et obtenu un crédit bancaire ayant financé l'acquisition de machines de production modernes.
Cadre légal inachevé et chômage des jeunes
Le secteur de l'emploi reste dominé par l'informel. Selon des estimations citées par RFI, le taux de chômage et de sous-emploi touche plus de 60 % des jeunes. Aliou Maïga en fait une priorité : « La meilleure définition du développement, c'est de créer des emplois jusqu'au plein emploi. Si on arrive à faire ça, on a développé un pays. Le focus, c'est vraiment : comment créer des emplois productifs et durables dans les infrastructures, dans les secteurs générateurs d'emplois ? »
Par ailleurs, la loi sur le climat des affaires, initiée depuis plus de dix ans, n'a toujours pas été adoptée. Selon le gouvernement, ce retard s'explique par la complexité du processus de réforme, entre consultations, arbitrages techniques et procédures institutionnelles, rapporte RFI.
À lire aussi
AfriqueCôte d'Ivoire : le projet « Premier continent » prévoit une école d'acteurs et un festival à Abidjan
CULTURE
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
AfriqueOCP met en service un stockage par batteries à Benguerir pour sa transition verte
Le groupe marocain OCP a mis en service mi-septembre un système de stockage d'électricité par batteries sur sa mine de Benguerir, dans le cadre d'un plan d'investissements verts lancé en 2022, selon Jeune Afrique.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
AfriqueGilbert Houngbo candidat à sa réélection à la tête de l'OIT avec le soutien de l'Union africaine
international
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
