Afrique
Sénégal : la disparition du Faidherbia albida menace les cultures du bassin arachidier
Au Sénégal, près de Diohine, l'arbre Faidherbia albida, essentiel à la fertilité des sols, disparaît progressivement. Selon RFI, sa raréfaction fragilise les terres agricoles, tandis que des restrictions administratives entravent son élagage par les populations.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Un arbre clé pour la fertilité des sols
Dans le bassin arachidier sénégalais, le Faidherbia albida, appelé « kad » en wolof, est reconnaissable à sa hauteur de 15 à 25 mètres et son écorce gris jaunâtre. Selon le reportage de RFI, cet arbre joue un rôle agronomique majeur. Ses feuilles et résidus enrichissent le sol en matière organique, tandis que son système racinaire maintient la fertilité. Pour Paul Ndiaye, agriculteur à Diohine, le kad est « l'arbre le plus important dans nos champs ». Il affirme que la présence d'au moins cinq arbres par champ garantit une bonne récolte, même sur sol infertile, car « tout ce que tu cultives au-dessous de l'arbre sera fertile ». L'agriculteur constate toutefois que l'arbre « commence vraiment à se faire rare dans la zone ».
Des recherches confirment son rôle bénéfique
L'Institut de recherche pour le développement (IRD) a implanté un site d'étude nommé « Faidherbia-Flux » au milieu des champs pour analyser les interactions entre l'arbre et les cultures. Cathy Clermont, ingénieure agronome à l'IRD, explique que l'objectif est de comprendre les relations de cet arbre emblématique avec son environnement. Elle rapporte que de nombreux agriculteurs signalent des effets bénéfiques sur les cultures annuelles voisines. Les premiers résultats permettent d'affirmer que « planter du Faidherbia albida, c'est très intéressant » et que « l'effet de l'arbre va jusqu'à une distance de 17 mètres autour du tronc ». Cette connaissance pourrait aider à mieux gérer les apports de fumier dans un contexte de pénurie.
Des obstacles à la préservation de l'espèce
Conscientes des bienfaits de l'arbre, les populations s'efforcent de le préserver. Aissatou Faye, représentante d'un mouvement féminin de Diohine, propose l'élagage des vieux spécimens pour éviter qu'ils ne deviennent trop lourds et ne « lèvent les terrasses ». Elle estime que les agents des Eaux et Forêts devraient élaguer les arbres trop lourds à partir du mois de mai pour favoriser la repousse. Elle dénonce cependant des restrictions imposées par ces agents : « ils ont fait en sorte que personne ne touche aux arbres ». Selon elle, cette interdiction constitue le principal problème pour la survie du kad.
La disparition progressive de cet arbre dans le bassin arachidier souligne la nécessité de le protéger pour sauvegarder la terre et l'activité des agriculteurs qui en dépendent.
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