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Économie

Sake : le prix de la vache double sur le marché, indicateur d'une économie de guerre

À Sake, dans le territoire de Masisi au Nord-Kivu, le prix d'une vache est passé de 500 à 1 100 dollars selon des témoignages recueillis début septembre 2026, reflétant la raréfaction du bétail due aux combats et aux barrières sanitaires.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Sake : le prix de la vache double sur le marché, indicateur d'une économie de guerre
Photo d'illustration© EsthyLL, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Le marché de Sake face à la raréfaction du bétail

Selon un reportage de Politico.cd reprenant une dépêche AFP publié le 6 septembre 2026, une vache qui coûtait 500 dollars au marché de Sake, dans le groupement de Kamuronza, s'échange désormais entre 850 et 900 dollars, avec un plafond à 1 100 dollars. La hausse atteint 75 % au niveau moyen et 120 % au plafond. La commerçante Élisabeth Furaha décrit l'effondrement de son activité : « Avant, j'abattais quatre à cinq vaches par jour. Aujourd'hui, réussir à en trouver une seule est un vrai problème. » Le secteur de la boucherie tourne au ralenti. Les conflits armés ont décimé une partie du cheptel local, poussant certains vendeurs à s'approvisionner dans les pays voisins. Un éleveur de la zone déplore que des décennies de travail disparaissent en quelques heures lors des affrontements. L'article précise qu'aucune période de référence n'est attachée au mot « avant » dans les témoignages, ce qui interdit de calculer un rythme annuel. Dans les hautes terres du Masisi, le bétail constitue une épargne vendue pour payer scolarité, hospitalisation ou déplacement. La hausse rend la viande inaccessible à l'acheteur et prive l'éleveur de sa réserve de valeur.

Des perturbations sécuritaires et sanitaires cumulées

Sake est situé sur l'axe reliant Goma au territoire de Masisi, point de passage et d'arrivée des déplacés du Nord-Kivu. Les combats de la fin août se sont tenus plus au nord, dans les groupements d'Ufamandu I et II (Masisi) et à Biriko (limite Walikale), où s'affrontent Wazalendo et AFC/M23. Radio Okapi rapportait le 30 août, citant des sources locales, que « les groupements d'Ufamandu I et II sont aujourd'hui presque entièrement vidés de leurs populations ». Le 4 septembre, le chef du groupement de Waloa Loanda, Mafuluko Mwiyanya, décrivait l'arrivée massive de ces déplacés dans son groupement, avec huit blessés recensés à Busurungi. La note de sécurité alimentaire publiée le 31 août 2026 (données arrêtées au 25 août) nomme deux contraintes simultanées sur les circuits d'approvisionnement de l'Est : le conflit, qui perturbe les moyens d'existence et les marchés, et les mesures sanitaires contre Ebola, notamment fermetures de frontières et barrières routières, qui réduisent les flux transfrontaliers. Les vendeurs de Sake qui se tournent vers les pays voisins rencontrent donc ces barrières sur les mêmes axes. La note projette le maintien de résultats de crise (phase 3 IPC) jusqu'en janvier 2027 dans l'est, et des résultats d'urgence (phase 4) pour les ménages près des lignes de front.

Un indicateur unique faute de statistiques officielles

Aucun recensement du cheptel du territoire de Masisi n'a été publié depuis le début du conflit. Aucun volume d'abattage n'est tenu à l'échelle du marché de Sake. L'inspection provinciale de l'agriculture, pêche et élevage du Nord-Kivu n'a diffusé aucune série de prix du bétail. Le prix d'une vache au marché de Sake est, en l'état, le seul indicateur disponible sur l'élevage d'un territoire qui en vivait.

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