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Rwanda proteste contre la réintégration du porte-parole des FARDC Sylvain Ekenge

Le ministre rwandais des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe a qualifié de « troublante et indécente » le retour du général Sylvain Ekenge comme porte-parole des FARDC, soulevant la question de la compétence nationale, selon Politico.cd.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Rwanda proteste contre la réintégration du porte-parole des FARDC Sylvain Ekenge
Photo d'illustration© Xavier Lejeune, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a publié dimanche 27 septembre sur son compte X une réaction à une décision interne de l'armée congolaise. Il qualifie la réintégration du général-major Sylvain Ekenge comme porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo de « troublante et indécente ». L'objet de la protestation porte sur l'organigramme d'une armée étrangère, une matière que la Charte des Nations unies range dans la compétence nationale, rapporte Politico.cd.

La protestation rwandaise et ses arguments

Le chef de la diplomatie rwandaise avance deux arguments. Le premier porte sur le sens de la décision : selon lui, la réhabilitation de l'officier établit que les discours de haine contre les Congolais tutsi ne sont pas le fait de « brebis galeuses » mais relèvent d'un « projet politique assumé par l'État ». Le second porte sur la forme : il reproche à Kinshasa d'avoir rendu la nouvelle publique « presque en catimini », par un communiqué du général lui-même consacré à un événement tragique, ce qui aurait permis d'étouffer les critiques. L'observation sur la forme est vérifiable : c'est bien par le communiqué des FARDC sur le crash de Kenge, signé samedi 26 septembre par le porte-parole, que le pays a constaté son retour, au moment où l'armée annonçait la mort de deux de ses plus hauts magistrats militaires, selon la même source.

Le contexte congolais de la suspension et de la réintégration

Le dossier est documenté et congolais de bout en bout. Le 27 décembre 2025, sur les antennes de la RTNC, Sylvain Ekenge tient sur les femmes tutsi des propos qui provoquent un tollé. Le 28 décembre, l'état-major général annonce sa suspension : les FARDC se désolidarisent publiquement des propos de leur propre porte-parole, et l'officier est écarté pour propos discriminatoires. Le 31 décembre, la France condamne ces déclarations et appelle au respect de l'unité nationale. Autrement dit, la sanction est venue de l'armée congolaise elle-même, sans qu'aucun État étranger ait eu à la réclamer. Neuf mois plus tard, la même autorité a levé la mesure. Aucune poursuite judiciaire n'a été engagée dans l'intervalle, et aucun acte rendant la réintégration publique n'a été publié à ce jour, précise Politico.cd.

Cadre juridique et contentieux bilatéral

La nomination, la sanction et la réintégration d'un officier dans une armée nationale relèvent de ce que la Charte des Nations unies appelle les affaires intérieures d'un État. L'article 2, paragraphe 7, interdit à l'Organisation elle-même d'intervenir dans les matières qui relèvent essentiellement de la compétence nationale des États membres. L'article 2, paragraphe 1, pose l'égalité souveraine de tous les membres. Ce sont exactement ces articles que la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a rappelés le 23 septembre à la tribune de l'Assemblée générale, en énumérant les principes dont elle demande le rétablissement.

La protestation vient d'un État à qui le Conseil de sécurité a demandé, par une résolution votée à l'unanimité, de faire sortir ses soldats du territoire congolais. La résolution 2773 exige le retrait des forces rwandaises et la fin de tout soutien à l'AFC/M23, et son inventaire d'exécution dix-neuf mois plus tard est public. Sur le terrain, l'administration parallèle installée par l'AFC/M23 continue de nommer ses agents et de percevoir l'impôt, alors que son démantèlement figure parmi les exigences de la résolution. D

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