Afrique
Qu'est-ce qui freine la pratique du vélo en Afrique ?
Le vélo, moyen de transport écologique et bon pour la santé, peine à se développer en Afrique malgré une culture cycliste historique dans certains pays comme le Burkina Faso, le Kenya ou le Rwanda, en raison du manque d'infrastructures, de la pollution automobile, de perceptions socio-culturelles et
Par Rédacteur NIE
· 3 min de lecture

Le vélo est présenté comme le moyen de transport le moins polluant, utilisant uniquement la force musculaire, parfois assistée par un moteur électrique. Selon RFI Afrique, il connaît un regain d'intérêt en Europe face à la crise climatique, mais reste moins pratiqué en Afrique. Une culture du vélo existe pourtant sur le continent, notamment au Burkina Faso, où les premiers vélos auraient été introduits au début du XXe siècle durant l'époque de la Haute-Volta. Le pays a accueilli la première course cycliste africaine en 1955 et a longtemps abrité une usine fabriquant des vélos Peugeot à Ouagadougou. Le Kenya et le Rwanda sont également cités comme pays cyclophiles, ce dernier étant connu pour son tour cycliste. L'article évoque aussi les « poulets-bicyclettes », des volailles transportées à vélo vers les marchés, accrochées par les pattes.
Andy Costa, Ivoirien et tête de la My Dream for Africa Foundation, surnommé « l'ambassadeur du vélo », explique que le vélo est bénéfique pour la santé individuelle et planétaire. Il souligne que l'Afrique gagnerait à en faire davantage en raison de la prévalence des maladies cardiovasculaires. Cependant, plusieurs obstacles freinent son développement : la pollution des pots d'échappement, due à des carburants et des voitures ne respectant pas toujours les meilleures normes, et un élément socio-culturel selon lequel le vélo serait perçu comme réservé à ceux qui ne peuvent pas s'offrir une voiture.
Le principal frein identifié est la sécurité. Selon l'Unep, le programme des Nations unies pour l'environnement, 18 cyclistes sont tués chaque jour en Afrique, contre seulement 5 en Europe. Selon l'Irap, une ONG impliquée dans la sécurité routière, 98 % des routes africaines ne sont pas adaptées à la pratique du vélo. Andy Costa confirme que les usagers ne se sentent pas en sécurité en raison de l'absence de pistes cyclables suffisantes. À Abidjan, où il réside, seule une piste cyclable de 8 kilomètres existe, le long du littoral sur la promenade de Grand-Bassam. Un projet de 15 nouveaux kilomètres a été lancé. Au Sénégal, 175 kilomètres de pistes sont prévus d'ici 2035.
Andy Costa souligne que le développement du vélo dépend des pouvoirs publics. Il mène un plaidoyer en Côte d'Ivoire pour convaincre l'État que la création de pistes cyclables susciterait des vocations, arguant que l'État n'investira pas s'il ne voit pas de demande. Il préconise une approche combinée : encourager l'usage du vélo tout en faisant du plaidoyer politique pour une prise en compte des pistes cyclables. Il cite l'exemple de Paris en 2020, où les « coronapistes » provisoires mises en place pendant la pandémie de Covid-19 sont devenues durables, montrant que l'offre peut provoquer la demande.
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