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Économie

Nicolas Kazadi salue la stabilisation du franc congolais mais juge l'appréciation trop brutale

L'ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi a salué mercredi la stabilisation du franc congolais autour de 2 300 FC pour un dollar, tout en reconnaissant que l'appréciation récente a été « trop forte et trop brutale », lors d'un échange en direct organisé par Stanis Bujakera Tshiamala.

Par Rédacteur NIE

· 2 min de lecture

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Nicolas Kazadi salue la stabilisation du franc congolais mais juge l'appréciation trop brutale
Photo d'illustration© Ndjadi 01, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Selon Actualite.cd, Nicolas Kazadi s'est exprimé mercredi lors d'un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. L'ancien ministre des Finances a distingué deux aspects dans l'évolution récente du taux de change.

Une stabilisation saluée, un choc reconnu

Nicolas Kazadi salue « sans réserve » la stabilisation durable de la monnaie obtenue par la Banque centrale du Congo. Il note que le taux de change se situe aujourd'hui autour de 2 300 francs congolais pour un dollar, un résultat « longtemps recherché » qui mérite d'être félicité. Toutefois, il reconnaît que l'appréciation a été « trop forte et trop brutale ». Il qualifie ce mouvement de « choc économique » dont le pays subit encore les conséquences, tout en estimant qu'il finira par se résorber avec le temps. Pour lui, la mission première d'une banque centrale est de stabiliser la monnaie, ni de l'apprécier ni de la déprécier brutalement, un objectif qu'il considère atteint.

Rejet d'un calcul politique et explications techniques

Confronté à l'accusation selon laquelle cette politique de change relèverait d'un calcul politique visant à afficher une monnaie forte à l'approche d'échéances sensibles, Nicolas Kazadi rejette fermement cette lecture. Il se présente comme un ancien banquier central connaissant les mécanismes de politique monétaire. Il attribue les difficultés passées à un « relâchement technique » dans le contrôle et la gestion des réserves obligatoires des banques. Ce facteur est, selon lui, largement responsable des dépréciations difficilement explicables qu'a connues le franc congolais par le passé. Il affirme que ces ajustements techniques ont depuis été corrigés, permettant le retour à un taux stabilisé.

Impact limité sur les exportations, distorsion budgétaire notée

Sur la question d'un éventuel effet négatif sur la compétitivité des exportateurs, Nicolas Kazadi relativise fortement le risque. Il rappelle que la RDC exporte à 99 % des produits miniers bruts, un secteur qu'il juge peu affecté par les variations du taux de change local. Il concède en revanche un impact « regrettable » sur le plan budgétaire. L'appréciation du franc augmente mécaniquement la valeur en dollars de certains postes de dépenses, notamment les rémunérations. Il illustre cette distorsion par l'exemple du carburant, dont le prix aurait baissé en francs congolais tout en augmentant en valeur dollar. Pour lui, l'économie congolaise, structurellement tournée vers l'exportation de matières premières non transformées, échappe largement aux problématiques classiques de compétitivité liées à un taux de change apprécié.

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