Économie
Nicolas Kazadi salue la stabilisation du franc congolais mais juge l'appréciation trop brutale
L'ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi a salué mercredi la stabilisation du franc congolais autour de 2 300 FC pour un dollar, tout en reconnaissant que l'appréciation récente a été « trop forte et trop brutale », lors d'un échange en direct organisé par Stanis Bujakera Tshiamala.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Selon Actualite.cd, Nicolas Kazadi s'est exprimé mercredi lors d'un Space live organisé par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala. L'ancien ministre des Finances a distingué deux aspects dans l'évolution récente du taux de change.
Une stabilisation saluée, un choc reconnu
Nicolas Kazadi salue « sans réserve » la stabilisation durable de la monnaie obtenue par la Banque centrale du Congo. Il note que le taux de change se situe aujourd'hui autour de 2 300 francs congolais pour un dollar, un résultat « longtemps recherché » qui mérite d'être félicité. Toutefois, il reconnaît que l'appréciation a été « trop forte et trop brutale ». Il qualifie ce mouvement de « choc économique » dont le pays subit encore les conséquences, tout en estimant qu'il finira par se résorber avec le temps. Pour lui, la mission première d'une banque centrale est de stabiliser la monnaie, ni de l'apprécier ni de la déprécier brutalement, un objectif qu'il considère atteint.
Rejet d'un calcul politique et explications techniques
Confronté à l'accusation selon laquelle cette politique de change relèverait d'un calcul politique visant à afficher une monnaie forte à l'approche d'échéances sensibles, Nicolas Kazadi rejette fermement cette lecture. Il se présente comme un ancien banquier central connaissant les mécanismes de politique monétaire. Il attribue les difficultés passées à un « relâchement technique » dans le contrôle et la gestion des réserves obligatoires des banques. Ce facteur est, selon lui, largement responsable des dépréciations difficilement explicables qu'a connues le franc congolais par le passé. Il affirme que ces ajustements techniques ont depuis été corrigés, permettant le retour à un taux stabilisé.
Impact limité sur les exportations, distorsion budgétaire notée
Sur la question d'un éventuel effet négatif sur la compétitivité des exportateurs, Nicolas Kazadi relativise fortement le risque. Il rappelle que la RDC exporte à 99 % des produits miniers bruts, un secteur qu'il juge peu affecté par les variations du taux de change local. Il concède en revanche un impact « regrettable » sur le plan budgétaire. L'appréciation du franc augmente mécaniquement la valeur en dollars de certains postes de dépenses, notamment les rémunérations. Il illustre cette distorsion par l'exemple du carburant, dont le prix aurait baissé en francs congolais tout en augmentant en valeur dollar. Pour lui, l'économie congolaise, structurellement tournée vers l'exportation de matières premières non transformées, échappe largement aux problématiques classiques de compétitivité liées à un taux de change apprécié.
À lire aussi
ÉconomieJean-Pierre Bemba plaide pour une approche intégrée des corridors de transport en RDC
Le vice-Premier ministre des Transports appelle à réformer les corridors logistiques lors du forum RIF 2026 à Kinshasa. Il demande une intégration des infrastructures, de l'énergie et du numérique pour réduire les coûts.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
ÉconomieLa RDC adopte une stratégie pour tracer 7,7 millions de tonnes de fret via Dar es Salaam
Le Conseil des ministres du 23 octobre a adopté une stratégie pour maîtriser les flux congolais transitant par le port de Dar es Salaam, avec un système de traçabilité électronique et un accord bilatéral à signer sous 90 jours.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
ÉconomieMustafa Rawji (Rawbank) : la première banque de RDC vise l'économie réelle et les PME
Le patron de Rawbank, première banque de RDC par le total du bilan, détaille sa stratégie de recentrage vers l'économie réelle et les PME, tout en assumant l'exposition au secteur minier, selon deux entretiens publiés par Jeune Afrique.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
