Justice
Nathanaël Onokomba, détenu depuis janvier : la question qui s'invite dans le dialogue
Alors que le pouvoir annonce un dialogue national et que l'opposition pose la libération des prisonniers politiques comme préalable, le leader de Jeunesse Extra Système reste incarcéré à la prison militaire de Ndolo, son procès en cours.
Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef
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Le dialogue national annoncé cette semaine rouvre une question restée sans réponse depuis six mois : celle du sort des personnes détenues pour leurs prises de position. Le cas de Nathanaël Onokomba en est devenu l'illustration la plus visible à Kinshasa.
Six mois derrière les murs de Ndolo
Figure du mouvement citoyen Jeunesse Extra Système, connu à Kinshasa pour ses positions critiques envers le pouvoir, régulièrement exprimées sur les plateaux de télévision, Nathanaël Onokomba a été interpellé le 5 janvier 2026, alors qu'il quittait une conférence-débat organisée avec des étudiants. Il a été formellement écroué à la prison militaire de Ndolo le 12 janvier.
Les poursuites reposent sur des propos tenus lors d'une émission de télévision et sur une publication diffusée sur le réseau social X. Il lui est notamment reproché la négation et la minimisation des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, sur la base de l'article 361 de la loi de 2023 portant Code du numérique.
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Une procédure devant la justice militaire
Après une comparution devant l'Auditorat militaire supérieur de la Gombe en janvier, son procès s'est ouvert devant la justice militaire au mois de mars. Le 16 mai, le tribunal militaire a rejeté sa demande de liberté provisoire et ouvert l'examen du fond. Il n'a pas été jugé à ce jour et bénéficie, à ce titre, de la présomption d'innocence.
Son collectif d'avocats conteste la régularité de cette détention, qu'il qualifie d'arbitraire. Le parquet, lui, maintient les préventions retenues. Aucune décision sur le fond n'a été rendue.
Un préalable posé par l'opposition
Cette situation prend un relief particulier ces jours-ci. La Coalition Article 64, qui réunit Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund, conditionne sa participation à tout dialogue à quatre préalables, dont la libération des prisonniers politiques, aux côtés du renoncement à la révision constitutionnelle, de l'arrêt des poursuites qu'elle juge politiquement motivées et du rétablissement des libertés publiques.
Le dialogue national a été annoncé le 17 juillet par le cardinal Fridolin Ambongo, au nom des chefs religieux reçus par le chef de l'État, et une ordonnance présidentielle doit en fixer les modalités dans les prochains jours. Ni cette annonce ni les déclarations qui l'ont suivie n'ont abordé publiquement le sort des personnes détenues.
La question posée au dialogue
C'est là que le dossier cesse d'être une affaire judiciaire isolée pour devenir un test politique. Un dialogue présenté comme inclusif peut-il s'ouvrir pendant que des voix critiques restent en détention ? La réponse viendra de l'ordonnance attendue, et de ce qu'elle dira, ou ne dira pas, des personnes poursuivies pour leurs opinions.
Citoyen du Ciel.
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