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Justice

Maniema : le gouverneur déclaré comptable de fait, un mois pour justifier 840 millions de francs

La Cour des comptes a déclaré, le mardi 14 juillet, provisoirement comptables de fait le gouverneur du Maniema Moïse Mussa Kabwankubi et son administrateur délégué. Elle leur accorde un mois pour justifier un transfert de 840 millions de francs congolais vers un compte privé.

Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef

· Mis à jour le · 3 min de lecture

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Un homme en costume bleu marine et cravate rouge parle dans deux micros, debout à la tribune en bois de l'Assemblée nationale congolaise, devant une tenture bleue et le drapeau de la RDC.
Le premier président de la Cour des comptes, Jimmy Munganga, présente le rapport public annuel de la juridiction devant l'Assemblée nationale, à Kinshasa, en juin 2026. Photo d'archives : c'est cette même Cour qui a déclaré le gouverneur du Maniema comptable de fait.© Cour des comptes de la République démocratique du Congo (photo diffusée sur son site officiel, courdescomptes.cd)

La Cour des comptes de la République démocratique du Congo a rendu sa décision le mardi 14 juillet. Elle déclare provisoirement comptables de fait le gouverneur du Maniema, Moïse Mussa Kabwankubi, et l'administrateur délégué Bienvenu Dingalo Masima. En cause, un transfert de 840 millions de francs congolais, soit environ 365 000 dollars américains, que la juridiction financière juge irrégulier.

Un transfert opéré, selon la Cour, hors du circuit du comptable public

La Cour reproche au gouverneur d'avoir ordonné le transfert de fonds publics vers un compte privé appartenant au député national Amisi Makutano. Ce mouvement se serait fait sans l'intervention du comptable public principal de la province.

La juridiction accorde au gouverneur un délai d'un mois pour justifier l'utilisation de cet argent. Passé ce délai, il s'expose à des sanctions légales, avant que la Cour ne rende sa décision définitive. Le ministre provincial des Finances, lui, a été mis hors de cause : la Cour a estimé les charges insuffisantes à son endroit.

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La défense conteste la compétence de la juridiction

La défense du gouverneur conteste la compétence de la Cour des comptes pour connaître de ce dossier. Le fondement juridique de cette contestation n'a pas été tranché à ce jour. Tant que la Cour ne s'est pas prononcée sur ce point, la question de savoir qui peut juger un gouverneur de province dans une affaire de deniers publics reste ouverte.

La qualification de comptable de fait est, à ce stade, provisoire. Elle ne préjuge pas d'une condamnation pénale. La présomption d'innocence s'applique pleinement au gouverneur, à l'administrateur délégué et au député cité dans le dossier.

Ce que le dossier n'établit pas

La destination finale des 840 millions de francs n'est pas établie. On ignore à quoi cette somme a servi une fois sortie des comptes de la province. C'est précisément l'objet du délai d'un mois accordé par la Cour.

La version du député Amisi Makutano n'est pas connue publiquement. Il n'est pas établi qu'il soit lui-même poursuivi dans cette procédure. Le fait que son compte soit cité dans la décision ne vaut pas mise en cause de sa part.

Un dossier ouvert depuis avril

Ce n'est pas la première fois que le gouverneur du Maniema est appelé à s'expliquer. Il avait déjà été convoqué en urgence à Kinshasa par la Cour des comptes en avril 2026, puis interpellé par l'Assemblée provinciale du Maniema en mai 2026. La décision du 14 juillet marque une étape nouvelle : la Cour ne se borne plus à entendre le gouverneur, elle le qualifie juridiquement.

Pourquoi cela se joue aussi à Kinshasa

Pour un lecteur de la capitale, l'affaire dépasse le cadre du Maniema. Elle porte sur la capacité d'une juridiction financière nationale à contrôler l'exécution des budgets des provinces, et sur le rôle du comptable public principal, ce verrou administratif que la Cour estime avoir été contourné. La réponse qui sera donnée à la contestation de compétence soulevée par la défense intéressera donc d'autres provinces.

Le délai d'un mois accordé par la Cour constitue la prochaine échéance du dossier. C'est ensuite, au vu des justificatifs produits ou de leur absence, que la Cour des comptes se prononcera de manière définitive.

Sources : Radio Okapi, RTNC, Congo Press sur le délai de trente jours et Congo Press sur la contestation de compétence.

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