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Mali : procès en appel du journaliste Youssouf Sissoko ce lundi à Bamako

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Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Mali : procès en appel du journaliste Youssouf Sissoko ce lundi à Bamako
Photo d'illustration© Syced, Wikimedia Commons (CC0)

La cour d'appel de Bamako examine ce lundi 5 octobre 2026 le cas de Youssouf Sissoko, directeur de L'Alternance, condamné en mars à deux ans de prison ferme pour un article mettant en doute les déclarations du président nigérien Abdourahamane Tiani, selon RFI. IMAGE : Bamako cour d'appel, Mali presse, Alliance États Sahel

La cour d'appel de Bamako doit examiner ce lundi 5 octobre 2026 le dossier du journaliste Youssouf Sissoko, rapporte RFI. Le directeur de publication de l'hebdomadaire L'Alternance a été condamné en mars dernier à deux ans de prison ferme et à un million de francs CFA d'amende par la justice malienne.

Les faits reprochés et la condamnation en première instance

Le journaliste est poursuivi pour « atteinte au crédit de l'État », « offense à un chef d'État étranger » et « diffusion de fausses informations ». L'article incriminé, publié dans L'Alternance, reprenait une analyse de l'analyste politique Sambou Sissoko. Ce texte mettait en cause les déclarations du général Abdourahamane Tiani, président de la transition au Niger, concernant l'attaque de l'aéroport de Niamey survenue fin janvier 2026. L'analyste y affirmait : « soit ses services de renseignement sont d'une incompétence abyssale, soit il ment délibérément. » Le général Tiani avait accusé les présidents français, béninois et ivoirien d'être derrière cette attaque, revendiquée par l'État islamique au Sahel.

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Un contexte régional marqué par la répression

Depuis cette condamnation, la situation sécuritaire au Niger s'est dégradée. L'aéroport de Niamey a subi une nouvelle attaque en juin, menée par le Jnim, lié à Al-Qaïda. Une mutinerie de soldats a éclaté fin août à Niamey, entraînant de nouvelles accusations de complot international formulées par le pouvoir nigérien, élargissant la liste des accusés à la Mauritanie, l'Europe, l'Ukraine, le Tchad et la Cédéao.

Au Mali, le cas de Youssouf Sissoko est cité comme emblématique d'une « tendance à la répression » des voix critiques au sein de l'Alliance des États du Sahel (AES), selon RFI. Le journaliste Chahana Takiou a été emprisonné et condamné après avoir cité publiquement cette affaire comme exemple de contournement du droit de la presse par le pôle judiciaire anticybercriminalité. Abdrahamane Keita, autre confrère, a subi le même sort après avoir déploré la situation à Kidal, où l'armée et l'administration maliennes ont été chassées par des groupes jihadistes et indépendantistes.

Arguments de la défense et réactions internationales

Avant l'audience d'appel, un proche assure que Youssouf Sissoko est « confiant et serein ». Le journaliste a déjà purgé huit mois de détention et lui reste environ un an et demi à effectuer si la peine est confirmée. Lors du procès en première instance, ses avocats avaient plaidé l'absence d'infraction, estimant que le journaliste avait accompli son travail en alimentant le débat sur un sujet d'actualité et que le texte relevait de l'« intérêt général ».

L'Association malienne des éditeurs de presse privée (Assep) a qualifié cette condamnation de « menace pour l'équilibre démocratique et l'État de droit ». Reporters sans frontières a dénoncé « une violation grave de la liberté de la presse », illustrant selon l'ONG « la tendance préoccupante à la répression des voix critiques des autorités de l'Alliance des États du Sahel ».

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