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Madagascar : une enquête détaille l'offensive russe après le changement de régime

Une enquête du collectif All Eyes On Wagner (INPACT) publiée le 23 septembre 2026 décrit un rapprochement accéléré entre la Russie et Madagascar depuis l'investiture du président Michaël Randrianirina en octobre 2025, avec déploiement d'Africa Corps et livraisons d'armes.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Madagascar : une enquête détaille l'offensive russe après le changement de régime
Photo d'illustration© Presidential Executive Office of Russia, Wikimedia Commons (CC BY 4.0)

Un rapprochement éclair après l'investiture

Selon RFI, qui rapporte les conclusions de l'enquête publiée le 23 septembre 2026 par le collectif All Eyes On Wagner (AEOW) de l'ONG INPACT, la Russie a mené une offensive rapide à Madagascar dans les mois qui ont suivi le changement de régime. Quatre jours seulement après l'investiture du président de la Refondation, Michaël Randrianirina, le 17 octobre 2025, ce dernier a reçu l'ambassadeur de Russie à Antananarivo. Pour Lou Osborn, co-autrice de l'enquête, cette rencontre a donné le coup d'envoi d'un rapprochement « extrêmement rapide ». Elle rappelle que des liens historiques existent depuis les élections de 2018, mais souligne la vitesse à laquelle le GRU, le renseignement militaire russe, a étendu ses réseaux via Africa Corps et African Initiative.

Une présence militaire et paramilitaire assumée

L'enquête détaille une chronologie précise. Le 20 décembre 2025, un vol transportant 40 hommes conduits par le général Andrey Averyanov, présenté comme le superviseur présumé d'Africa Corps, structure ayant succédé au groupe Wagner, a atterri à Madagascar. Dans les semaines suivantes, « de multiples cargaisons d'hélicoptères, de chars, de camions, de drones et de fusils ont suivi jusqu'en avril 2026 », présentées comme des dons, notent les chercheurs d'INPACT/AEOW. La présence d'instructeurs d'Africa Corps pour former l'armée malgache a été confirmée par les autorités en décembre 2025. Le général Averyanov a été aperçu à Moscou le 5 février 2026 lors d'une rencontre entre le vice-premier ministre russe et le ministre malgache des Forces armées, puis dans la délégation d'accueil du président Randrianirina lors de sa visite officielle en Russie deux semaines plus tard. Selon l'enquête, des éléments d'Africa Corps sont présents lors de rencontres gouvernementales de haut niveau, assurant probablement la sécurité de responsables politiques.

Une stratégie d'influence politique et médiatique

Parallèlement au volet militaire, l'entité African Initiative assure un soutien politique et de relations publiques, indique le rapport. À Madagascar, cette campagne cible la jeunesse par des prix, des séances de sport et un appui aux médias locaux en échange d'une couverture favorable aux relations bilatérales. Des voyages à Moscou ont été organisés pour des journalistes et influenceurs malgaches. L'enquête souligne que la Russie « cultive des amitiés en haut lieu », notamment parmi des figures de l'ancien gouvernement restées au pouvoir. Le président de l'Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, est présenté comme « le plus éminent soutien de Moscou ». Sa proximité avec le pouvoir russe aurait été facilitée par sa présidence de l'Union africaine de judo. C'est lui qui a confirmé l'arrivée des hommes d'Africa Corps et qui communique abondamment sur les partenariats russo-malgaches. Le premier ministre, Mamitiana Rajaonarison, décrit comme russophile et ancien directeur de la Samifin (cellule de renseignement financier), a été « impliqué dans des négociations avec la banque Sber », principale banque russe visée par des sanctions internationales, selon INPACT/AEOW. Enfin, Ny Hasina Andriamanjato, russophone, ancien ministre des Affaires étrangères sous Andry Rajoelina, a été nommé ambassadeur en Russie en mai 2026.

Un enjeu géostratégique dans l'océan Indien

Pour les enquêteurs, l'intérêt russe dépasse les richesses nationales. La position géographique de Madagascar, à l'entrée du canal du Mozambique et au cœur des routes maritimes mondiales, constitue l'attrait principal. « Madagascar peut donner aux Russes un point d'accès recherché sur l'océan Indien. Un accès potentiel pour leur flotte fantôme », avance Lou Osborn. Cette stratégie s'inscrit dans un réseau régional : la Russie cultive des relations en Tanzanie et en dispose déjà avec le Mozambique. L'enquête pointe particulièrement l'intérêt pour le port de Diego-Suarez (Antsiranana), dont l'emplacement permet de surveiller les routes reliant l'Afrique australe, le Moyen-Orient et l'océan Indien. Ce site pourrait accueillir un hub logistique militaire et économique majeur. Une délégation russe s'y est rendue en avril 2026.

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