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Libye: le président du Parlement de l'Est évincé de son poste

Le président du Parlement libyen basé à Benghazi, Aguila Saleh, a été évincé de son poste lors d'un vote organisé lundi 5 octobre, selon RFI Afrique. Les députés présents ont majoritairement soutenu Al-Sahin Abdelnabi al-Obeidi, député de Tobrouk, pour renouveler la direction de la Chambre. Aguila S

Par Rédacteur NIE

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Libye: le président du Parlement de l'Est évincé de son poste
Photo d'illustration© Υπουργείο Εξωτερικών, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Aguila Saleh a présidé le Parlement libyen basé à Benghazi depuis 2014, selon RFI Afrique. Il était considéré comme un soutien indéfectible du maréchal Haftar, qui contrôle l'est et une grande partie du sud de la Libye. Son éviction marque un tournant dans les équilibres de pouvoir au sein des institutions de l'est du pays. Le vote du lundi 5 octobre a rassemblé les députés présents, qui se sont prononcés en très grande majorité pour une recomposition des équilibres politiques. Al-Sahin Abdelnabi al-Obeidi, député de Tobrouk dans le nord-est du pays, a été désigné comme nouveau président du Parlement. Cette procédure intervient dans un contexte de déclin de l'influence d'Aguila Saleh ces derniers mois.

Saddam Haftar, fils du maréchal Haftar et héritier désigné du clan, aurait renforcé ses ambitions politiques ces derniers temps, toujours selon RFI Afrique. Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye interrogé par RFI, explique que Saddam Haftar croit que les initiatives diplomatiques internationales, notamment celles des États-Unis, pourraient lui être favorables. Selon lui, Aguila Saleh incarnait le refus du changement, ce qui aurait motivé son éviction. Toutefois, le spécialiste tempère : même si cette éviction est une preuve de la puissance croissante de Saddam Haftar, il est trop tôt pour parler de victoire politique. Aguila Saleh n'était qu'un obstacle sur une route encore longue, et le plus dur reste à faire pour atteindre une reconnaissance politique complète avant des élections législatives.

Aguila Saleh conteste fermement la validité de la procédure parlementaire qui l'a évincé, toujours selon RFI Afrique. Il affirme que le vote organisé ne respecte pas les règles établies du Parlement. Cette contestation souligne les tensions internes autour de la légitimité du processus de renouvellement de la direction. Aucune autre source ne confirme ou infirme pour l'instant les déclarations d'Aguila Saleh ni les détails du vote au-delà de ce qui est rapporté par RFI. La version des événements présentée par le média reste celle d'un vote majoritaire en faveur du changement, contesté par l'ancien président.

Contexte institutionnel en Libye

Le Parlement libyen est divisé entre deux entités rivales : celle basée à Benghazi dans l'est, reconnue par certaines factions, et celle basée à Tripoli dans l'ouest. Aguila Saleh dirigeait la Chambre des représentants de l'est depuis 2014, institution souvent associée au soutien au maréchal Khalifa Haftar et à son armée nationale libyenne (ANL). L'éviction d'un président en poste depuis plus d'une décennie reflète des luttes de pouvoir internes au camp de l'est, notamment entre les fidèles historiques du maréchal Haftar et la nouvelle génération représentée par ses proches, comme Saddam Haftar. Cette évolution s'inscrit dans un cadre plus large de tentatives de unification des institutions libyennes en vue d'élections nationales, régulièrement reportées depuis plusieurs années.

Réactions et interprétations

Jalel Harchaoui, spécialiste de la Libye cité par RFI, analyse l'éviction d'Aguila Saleh comme un signe de l'affaiblissement de l'ancienne garde au profit d'acteurs plus alignés sur des ouvertures diplomatiques internationales. Il note toutefois que Saddam Haftar doit encore consolider son pouvoir, car l'obstacle représenté par Aguila Saleh n'était qu'une étape parmi d'autres. Aucune réaction officielle d'autres institutions libyennes, comme le Haut Conseil d'État ou le gouvernement d'union nationale, n'est mentionnée dans la source. Le média ne rapporte pas non plus de déclaration de la mission des Nations Unies en Libye (MANUL) ou de l'Union africaine sur cet événement.

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