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Culture

Dans l'atelier de Léopold Sédar Senghor : Claire Riffard explore la genèse de l'œuvre poétique

Selon RFI Afrique, la chercheuse Claire Riffard publie aux éditions du CNRS un ouvrage qui analyse les manuscrits et la méthode d'écriture du poète et ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

Par Rédacteur NIE

· 2 min de lecture

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Dans l'atelier de Léopold Sédar Senghor : Claire Riffard explore la genèse de l'œuvre poétique
Photo d'illustration© Unknown authorUnknown author, Wikimedia Commons (Public domain)

Un ouvrage centré sur le processus d'écriture

La collection « Dans l'atelier de... » du CNRS consacre un volume à Léopold Sédar Senghor. Selon RFI Afrique, cet ouvrage, signé par l'historienne de la littérature africaine Claire Riffard, n'est pas une biographie supplémentaire du poète-président. Il se concentre sur le processus d'écriture pour faire comprendre la genèse et l'originalité de son œuvre poétique, considérée aujourd'hui comme un classique africain. Le livre aborde cette genèse à travers cinq thématiques.

Les bibliothèques et l'héritage des « récits bleus »

L'autrice s'attarde d'abord sur les bibliothèques du poète. Senghor affirmait en posséder quatre, réparties entre le palais présidentiel, sa villa de week-end à Popenguine au Sénégal, Paris et la demeure normande de son épouse à Verson. Pour Claire Riffard, ces lieux révèlent les affinités littéraires de l'écrivain. Elle y ajoute une cinquième station, immatérielle : la « bibliothèque des récits bleus ». Cette expression, empruntée au poète, renvoie à l'univers sérère de son enfance. Jusqu'à l'âge de sept ans, Senghor ne parlait que le sérère. Il affirmait avoir entendu les plus beaux poèmes dans cette langue. Selon Claire Riffard, tout son travail consista ensuite à imprégner sa poésie des sonorités et des scansions de ce « royaume d'enfance ».

La méthode du « striquage » et l'élégie à Georges Pompidou

Le livre évoque aussi la question des premiers poèmes de jeunesse, supposément détruits en 1935 sur les pelouses de la Cité internationale sous le regard d'Aimé Césaire. Claire Riffard mentionne également un projet de roman avorté dont le héros se serait appelé Birago Camara, en hommage à son ami Birago Diop. Pour expliquer la démarche de réécriture, l'autrice cite le terme de « striquage », emprunté au tissage et signifiant « embellir ». Senghor décrivait lui-même son travail : une inspiration arrivant « comme une tornade » suivie de retouches, de corrections et de domination sur soi-même. Parmi les pages notables, l'ouvrage analyse l'élégie écrite en hommage à Georges Pompidou, ami d'enfance et d'études, décédé le 2 avril 1974. Senghor composa ce texte lors d'un voyage en Asie en mai de la même année. Claire Riffard illustre le travail de « striquage » sur le manuscrit du poème « Chant pour Yassine Mbaye », où le poète cherche la nuance exacte pour décrire la peau de l'athlète.

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