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Kisangani : position stratégique, ressources et histoire politique
rdc
Par Rédacteur NIE
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Un article de mediacongo.net analyse la situation géographique de Kisangani, son potentiel énergétique et minier ainsi que son rôle central dans l'histoire politique de la République démocratique du Congo. IMAGE : Kisangani fleuve Congo chutes Wagenia Yangambi
Un carrefour logistique et énergétique majeur
Selon l'article publié par mediacongo.net, Kisangani, troisième ville de la République démocratique du Congo, constitue un « verrou stratégique » reliant le bassin du Congo à l'espace des Grands Lacs et à l'Afrique de l'Est. L'article reprend une citation de Frantz Fanon selon laquelle l'Afrique aurait la forme d'un revolver dont la gâchette se trouverait au Congo, identifiant Kisangani comme ce point de déclenchement du développement régional.
La ville est décrite comme un nœud multimodal obligatoire entre le transport fluvial et terrestre. Elle relie le port de Mombasa au Kenya, sur l'océan Indien, à l'océan Atlantique à Moanda via le fleuve Congo. Deux axes routiers transafricains sont mentionnés : l'axe Nord-Est vers Isiro, Aba et le Soudan du Sud, et l'axe Nord vers Buta, Ndiaye, Bangassou et la République centrafricaine. L'aéroport international de Bangoka est présenté comme une infrastructure d'envergure soutenant cette vocation internationale.
Sur le plan énergétique, l'article évoque un potentiel hydroélectrique exceptionnel de 2 000 MW issu des chutes d'eau environnantes. Le sous-sol de la Grande Orientale est décrit comme regorgeant de ressources stratégiques. Le gisement de Banalia est cité comme l'une des plus importantes réserves de minerai de fer du continent. Le schiste bitumineux est présenté comme une ressource polyvalente pour produire du ciment puzzolanique, des engrais chimiques, de l'électricité et soutenir la sidérurgie. Un projet de fonderie et de raffinerie d'or locale est également mentionné pour transformer le modèle extractif.
L'article consacre une partie au pôle agronomique de Yangambi. Créé en 1933 sous le nom d'INEAC, devenu INERA, ce centre mondial de recherche sur le palmier à huile a fourni des cultivars d'élite ayant contribué au succès agricole de la Côte d'Ivoire et de la Malaisie, selon le texte.
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Une histoire politique fondatrice
L'article retrace l'histoire politique de la ville, de sa fondation à la période post-indépendance. Le 3 décembre 1883, Henry Morton Stanley crée le poste administratif qui devient le chef-lieu de la province des Stanley Falls. Dans le cadre d'alliances sous Léopold II, le chef araboswahili Tippo Tip est nommé gouverneur de la région des Falls et du Maniema avant l'imposition du contrôle colonial direct. Henri Depoorter est cité comme le dernier Premier bourgmestre de Stanleyville lors de la structuration municipale moderne.
Kisangani est présentée comme le laboratoire de la politique congolaise et panafricaine. En 1954, le ministre des Colonies Auguste Buisseret rencontre Patrice Lumumba, alors président du cercle des « évolués », ce qui conduit à l'introduction de l'enseignement laïc. En 1955, lors de la Foire internationale, le roi Baudouin rencontre Lumumba qui expose les failles de la gestion coloniale.
Après la fondation du MNC en 1958 à Kinshasa et la scission de l'aile Kalonji en avril 1959, Stanleyville consacre Lumumba président unique du MNC en mai 1959. Le grand Congrès du MNC s'y tient du 24 au 29 octobre 1959, avec la présence d'émissaires des pays des Grands Lacs et d'un représentant du Mwami du Rwanda. Des émeutes éclatent à la sortie, la police coloniale tuant plusieurs militants et emprisonnant Lumumba. En décembre 1959, lors d'une tournée royale, la foule exige la libération de Lumumba, manquant de prendre le roi en otage.
L'article cite l'historien Ludo De Witte concernant octobre 1960. Alors que Lumumba est assigné à résidence à Kinshasa, des officiers onusiens interceptent un courrier destiné à Kwame Nkrumah. Lumumba y écrit : « Si j'atteins Stanleyville, le Congo connaîtra un autre destin ». Ces officiers transmettent le courrier à Mobutu et Kasavubu.
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