Aller au contenu
Citoyen du Ciel, Media International

Société

Kinshasa : la masculinité et la féminité positives présentées comme piliers de la prévention des catastrophes

À l'occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, l'expert Carlin Vese a plaidé mardi 13 octobre à Kinshasa pour l'intégration des approches de genre dans les stratégies nationales de prévention, selon La Prospérité.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

Partager
Kinshasa : la masculinité et la féminité positives présentées comme piliers de la prévention des catastrophes
Photo d'illustration© MONUSCO Photos, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Une approche de genre pour la résilience

À l'occasion de la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, une rencontre s'est tenue mardi 13 octobre à Kinshasa. L'expert en genre, masculinité et féminité positives Carlin Vese y a déclaré que « la masculinité positive et la féminité positive constituent des piliers de la prévention et de la protection des vies », rapporte La Prospérité. Selon lui, ces approches permettent aux hommes et aux femmes d'occuper une place importante dans la construction d'une famille et d'une communauté capables d'anticiper les risques, de faire face aux crises et de se relever ensemble après une catastrophe.

La République démocratique du Congo est régulièrement confrontée à une variété de risques, inondations, glissements de terrain, éruptions volcaniques, flambées de violence et épidémies, qui frappent souvent de manière disproportionnée les groupes les plus vulnérables. La prise en compte des dynamiques de genre dans les politiques de réduction des risques de catastrophe est aujourd'hui considérée comme indispensable pour mieux prévenir, répondre et renforcer la résilience des populations, indique la source.

Axes concrets et recommandations

Lors de la rencontre, plusieurs axes concrets ont été évoqués. Il s'agit notamment de la sensibilisation communautaire pour former les leaders locaux et les familles à des modèles de masculinité et de féminité valorisant la responsabilité partagée, la communication et la coopération lors des alertes et des évacuations. L'inclusion dans les plans d'urgence a aussi été soulignée : veiller à ce que les plans municipaux et provinciaux intègrent des mesures spécifiques pour protéger les femmes, les hommes, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, en tenant compte des rôles de genre sans reproduire les stéréotypes nuisibles.

Le renforcement capacitaire a été préconisé par la promotion de formations mixtes (hommes/femmes) en premiers secours, en gestion de l'eau et de l'assainissement, et en préparation aux évacuations. Enfin, la mise en place de mécanismes de suivi avec des indicateurs sexospécifiques pour mesurer l'efficacité des programmes de réduction des risques de catastrophe a été recommandée.

Des représentants d'ONG présentes ont salué l'approche. Une coordinatrice d'un projet local a expliqué : « Quand les hommes sont impliqués non seulement comme protecteurs mais aussi comme acteurs de prévention et de soin, les familles prennent de meilleures décisions en situation d'urgence ». Des participantes ont souligné que la valorisation de la féminité positive renforce l'autonomie économique et la capacité d'organisation des femmes au sein des ménages et des quartiers.

Les participants ont formulé plusieurs recommandations à l'adresse des autorités publiques et des partenaires internationaux : intégrer la perspective de genre dans les budgets alloués à la prévention des catastrophes ; développer des campagnes de communication nationale sur la masculinité et la féminité positives ; soutenir les initiatives locales portées par les jeunes et les femmes, souvent premières actrices de la résilience communautaire ; mettre en place des programmes scolaires et extrascolaires pour diffuser, dès le plus jeune âge, des modèles de comportement favorisant la prévention et la solidarité.

Transformation des comportements sociaux

La rencontre de Kinshasa a rappelé que la réduction des risques de catastrophe dépasse la seule logistique : elle implique une transformation des comportements sociaux et des rapports au sein des familles et des communautés. Comme l'a résumé Carlin Vese, « anticiper les risques et se relever après une catastrophe nécessite que les hommes et les femmes agissent ensemble, chacun avec des responsabilités partagées et reconnues ». Pour la RDC, l'enjeu est aujourd'hui d'inscrire ces principes dans les politiques publiques et les pratiques de terrain afin de réduire durablement l'impact des catastrophes sur les populations.

Partager

À lire aussi

L'ONG Badilika alerte sur le recrutement d'enfants via les réseaux sociauxSociété

L'ONG Badilika alerte sur le recrutement d'enfants via les réseaux sociaux

L'ONG Badilika appelle le gouvernement congolais à renforcer la protection des enfants contre le recrutement et l'exploitation par groupes armés via les réseaux sociaux, suite à l'adoption de la résolution 2832 du Conseil de sécurité de l'ONU le 19 octobre.

Rédacteur NIE ·

Lire l'article