Afrique
Kenya: des femmes manifestent contre les disparitions forcées à Nairobi
Une cinquantaine de femmes ont défilé jeudi 6 août à Nairobi pour exiger la libération de quatre Kényans portés disparus depuis juin, selon RFI. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une recrudescence des enlèvements.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Une cinquantaine de femmes ont défilé jeudi 6 août dans les rues de Nairobi pour demander la fin des disparitions forcées et la libération de quatre Kényans enlevés en juin, rapporte RFI Afrique. Les manifestantes ont scandé les noms de Kiarie, Zizou, Oloo et Evans, portés disparus depuis plusieurs semaines. La marche s'est terminée devant le siège de la police nationale.
Témoignages et revendications
Parmi les participantes, Beatrice Wanjera réclame la libération de son fils, Macmillan Kiarie, enlevé le 20 juin selon elle. « Je demande au gouvernement de m'aider. À ceux qui détiennent mon fils : libérez-le », a-t-elle déclaré au micro de RFI. Ruth Mumbi, militante, s'inquiète de la situation à un an de l'élection présidentielle : « Nous sommes ici pour dire au gouvernement que les jeunes de notre pays ne sont pas des criminels. Nous réclamons un Kenya où les droits humains sont protégés et respectés. »
Contexte de tensions politiques
Les défenseurs des droits humains avaient déjà recensé plus de 80 cas de disparitions forcées après le mouvement de mobilisation des « Gen Z » en 2024, selon RFI. Ils dénoncent aujourd'hui une recrudescence de ces enlèvements. Ce climat délétère s'inscrit dans une période de forte tension politique. Dimanche, l'opposition réunie au sein de la plateforme Linda Mwananchi a rassemblé des dizaines de milliers de personnes à Nairobi lors d'un meeting calme, rapporte RFI dans une dépêche du 13 septembre. Le sénateur Edwin Sifuna, figure montante de cette coalition, y a scandé le slogan « One term » (« un seul mandat ») à l'encontre du président William Ruto, en vue de la présidentielle de 2027.
Réponse de la police
À l'issue de la marche des femmes, le porte-parole de la police est venu à la rencontre des manifestantes. Interrogé sur le cas des quatre Kényans portés disparus, il a affirmé « ne pas être au courant » de leur éventuel enlèvement par des forces de l'ordre, selon RFI. Le dernier rassemblement de l'opposition, en août à Oma Bay, avait été perturbé par des violences ayant fait quatre morts.
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