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Kenya: la Cour suprême examine l'interdiction du film «Rafiki» huit ans après sa sortie

international

Par Rédacteur NIE

· 2 min de lecture

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Kenya: la Cour suprême examine l'interdiction du film «Rafiki» huit ans après sa sortie
Photo d'illustration© Kriddl, Wikimedia Commons (CC0)

La Cour suprême du Kenya auditionne les parties sur l'interdiction du film «Rafiki», interdit en 2018 par la Commission de classification des films. L'audience porte sur la portée de l'article 162 du Code pénal et la liberté d'expression. IMAGE : Cour suprême Kenya, film Rafiki, KFCB, Nairobi

Une interdiction maintenue depuis 2018

Le sort du long-métrage «Rafiki» est entre les mains de la plus haute juridiction kényane. Selon RFI, la Cour suprême s'est penchée sur l'interdiction de ce film huit ans après sa sortie en 2018. La Commission de classification des films du Kenya (KFCB) avait interdit sa diffusion au motif qu'il choquait les bonnes mœurs. Le film, réalisé par Wanuri Kahiu, raconte une histoire d'amour entre deux jeunes filles à Nairobi. Il a été présenté au festival de Cannes et sélectionné pour représenter le Kenya aux Oscars, mais n'a jamais pu être diffusé légalement dans son pays d'origine.

Les arguments devant la Cour suprême

Lors de l'audience, la Cour a examiné deux questions centrales : représenter l'homosexualité signifie-t-il en faire la promotion, et l'homosexualité est-elle réellement interdite au Kenya ? D'après RFI, l'avocat de la KFCB, Andrew Mwango, a soutenu que l'article 162 du Code pénal punit de quatorze ans de prison les «actes charnels contre l'ordre de la nature». Il a plaidé qu'autoriser la diffusion de films comme «Rafiki» pourrait mener à la promotion de crimes plus graves, comme la pédopornographie.

Me Githu Muigai, avocat de la réalisatrice Wanuri Kahiu, a dénoncé le caractère extrêmement vague et anachronique de l'article 162, qu'il qualifie de réminiscence de l'époque coloniale. Il a rappelé que la liberté d'expression est protégée par la Constitution. «Montrer un braquage dans un film ne signifie pas en faire l'apologie», a-t-il conclu, selon le reportage de RFI.

Contexte législatif en évolution

La loi kényane ne punit pas l'homosexualité en tant qu'identité ou orientation, précise RFI. Les poursuites visent des «actes sexuels» sur la base de l'article 162. Toutefois, un nouveau code de la famille a été soumis en août à l'Assemblée nationale. Ce texte prévoit, entre autres dispositions, la peine de mort pour des faits qualifiés d'«homosexualité aggravée».

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