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Justice

Interdiction de sortie visant Jules Alingete : le parquet la lève en quarante-huit heures

Le procureur général près la Cour de cassation avait interdit à huit personnes, dont l'ancien inspecteur général des finances Jules Alingete, de quitter la RDC. Rendue publique début juillet, la mesure a été levée le 4 juillet 2026. Dix ONG ont saisi le chef de l'État.

Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef

· Mis à jour le · 3 min de lecture

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Jules Alingete, vêtu d'un abacost bleu, s'exprime les mains ouvertes derrière un pupitre portant la mention « Inspecteur général chef de services IGF », devant plusieurs microphones.
Photo d'archives : Jules Alingete lors d'une conférence de presse à l'Inspection générale des finances, à Kinshasa, en juin 2024.© Inspection générale des finances (IGF) de la République démocratique du Congo , site officiel igf.gouv.cd

Huit personnes, dont l'ancien inspecteur général des finances Jules Alingete Key, ont été interdites de quitter le territoire congolais par un courrier du procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, daté du 20 juin 2026. Le document est devenu public les 2 et 3 juillet. Le 4 juillet, le parquet général a déclaré qu'aucune interdiction ne pesait plus sur ces personnes.

Une décision signée le 20 juin, connue début juillet

Le courrier vise Jules Alingete Key et son épouse Nanu Mukawa, ainsi que Mustafa Rawji, Mazhar Rawji, Uzair Rawji, Zain Rawji, Kiala Ndombele et Jok Oga Ukelo. La mesure a été prise dans le cadre d'une instruction judiciaire ouverte pour corruption présumée, faux en écriture et blanchiment de capitaux. Elle a été prise sur injonction du ministre d'État à la Justice.

Jules Alingete a quitté l'Inspection générale des finances en 2025. Aucune des huit personnes citées n'a fait l'objet d'une inculpation formelle annoncée. Une interdiction de quitter le territoire n'est pas une condamnation, ni même une mise en cause : elle empêche seulement une personne de sortir du pays le temps que des vérifications se poursuivent.

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Le parquet général revient sur la mesure deux jours plus tard

Le 4 juillet 2026, le parquet général a fait savoir qu'aucune mesure d'interdiction n'existait plus. Il a expliqué qu'il s'agissait d'une mesure conservatoire devenue sans objet, et qu'à ce stade des investigations, aucun élément n'avait été trouvé établissant l'implication des personnes concernées.

La formulation mérite d'être lue avec précision. Le parquet dit que les investigations se poursuivent. Il ne prononce pas de non-lieu et ne referme pas le dossier. Entre la levée d'une mesure conservatoire et l'abandon des poursuites, la distinction est entière.

Dix ONG écrivent à Félix Tshisekedi

Le 14 juillet 2026, un consortium de dix organisations de défense des droits humains, réunies sous le Panel des experts de la société civile, a adressé un mémorandum au président Félix Tshisekedi. Les signataires jugent « injustifiées » les mesures visant Jules Alingete.

Ces organisations parlent d'une cabale. Cette lecture est la leur. Elle provient d'ONG proches du dossier et ne s'appuie, à ce jour, sur aucune pièce publique. Ni le parquet général ni le ministère de la Justice n'ont répondu publiquement à ce mémorandum.

Ce qui reste sans réponse

Plusieurs points de l'affaire ne sont pas établis. On ignore qui a saisi le ministre d'État à la Justice à l'origine de l'injonction. On ignore aussi pourquoi la mesure a été levée aussi rapidement après avoir été rendue publique. Des médias congolais ont évoqué des conséquences sur l'Eurobond congolais et sur le processus engagé avec le Groupe d'action financière. Notre rédaction n'a pas pu confirmer ces éléments.

Pourquoi cela compte à Kinshasa

L'affaire concerne l'ancien responsable de l'organe chargé de contrôler la dépense publique, celui-là même dont les rapports ont nourri le débat sur la gestion des deniers de l'État. Elle se joue en quelques jours, par courrier et par communiqué, sans audience publique ni décision de justice motivée que le citoyen puisse lire. Pour l'habitant de Kinshasa, la question posée n'est pas seulement celle de la culpabilité ou de l'innocence de huit personnes. C'est celle de la lisibilité des décisions prises en son nom, et du délai au terme duquel le parquet dira où mènent ses investigations.

Sources : MediaCongo, RTNC, MediaCongo et Netic News.

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