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Guinée-Bissau : le « oui » l'emporte à 70 % au référendum constitutionnel

Le référendum du 30 août a été approuvé à 70 % selon les résultats provisoires de la Commission nationale électorale. La nouvelle Constitution instaure un régime présidentiel fort. L'opposition dénonce un processus illégitime.

Par Rédacteur NIE

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Guinée-Bissau : le « oui » l'emporte à 70 % au référendum constitutionnel
Photo d'illustration© Álvaro Ludgero Andrade/VOA Português, Wikimedia Commons (Public domain)

Un scrutin organisé sous transition militaire

Les Bissau-Guinéens ont voté dimanche 30 août 2026 pour ou contre un projet de nouvelle Constitution. Le référendum a été organisé par les autorités de transition issues du coup d'État du 26 novembre 2025, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embalo et suspendu le processus électoral, selon RFI. Le général Horta N'Tam dirige la transition depuis décembre 2025. La charte de transition lui interdit de se présenter à la prochaine présidentielle, rapporte Jeune Afrique.

La Commission nationale électorale a annoncé mardi 1er septembre des résultats provisoires donnant le « oui » vainqueur à 70 %. La présidente de la Commission, Carmen Izaura Lobo, a qualifié le scrutin de « succès » saluant le « professionnalisme », la « transparence » et la « crédibilité » du processus, selon RFI. Le taux de participation a été annoncé à 55 % par la Commission électorale, alors que l'opposition le jugeait « faible » à la mi-journée, selon RFI. Les résultats définitifs doivent être proclamés par la Cour suprême, qui n'avait pas été saisie de recours au 1er septembre, d'après RFI.

Une réforme qui renforce l'exécutif

Le texte adopté remplace le système semi-parlementaire par un régime présidentiel fort. Le chef de l'État obtient le pouvoir de nommer et révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement, indiquent RFI et Jeune Afrique. Le Premier ministre ne sera plus issu de la majorité parlementaire. Le nombre de députés passe de 102 à 65 et celui des circonscriptions de 29 à 12, officiellement pour réduire les dépenses publiques, selon RFI.

La nouvelle Constitution impose aussi une caution de 50 millions de francs CFA (environ 76 000 euros) aux candidats à la présidentielle. Les partis doivent recueillir 5 000 signatures de membres dont 300 par région, rapporte RFI. Les autorités de transition affirment vouloir stabiliser les institutions avant les élections générales prévues le 6 décembre, en évitant les conflits entre présidence et primature qui ont marqué le passé, selon Jeune Afrique.

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Opposition et société civile contestent la légitimité

Le PAIGC, parti historique de l'indépendance, a appelé au boycott. Il dénonce un référendum organisé « dans un contexte de restriction des libertés publiques », avec des sièges de partis fermés et l'interdiction de faire campagne, selon RFI. Son porte-parole Muniro Conté parle d'« acharnement » et de « tentative de manipulation des partis politiques » à l'approche du scrutin de décembre, rapporte RFI.

La Ligue bissau-guinéenne des droits humains, par la voix de son président Abubacar Ture, juge que « le système présidentialiste que la junte veut imposer va concentrer tous les pouvoirs entre les mains d'un seul homme. Cela est dangereux pour notre démocratie », cité par Jeune Afrique. Le Front populaire, plateforme de plus de 50 organisations de la société civile, a revendiqué un boycott « historique » qualifiant la consultation d'« anticonstitutionnelle et illégale », selon RFI.

L'opposition rappelle aussi que le protocole de la Cédéao interdit toute modification de la loi électorale à moins de six mois d'un scrutin, note RFI. En juillet, la Cédéao a désigné le Sénégal comme médiateur pour conduire le dialogue, rapporte Jeune Afrique.

Tensions persistantes autour du siège du PAIGC

Une décision du Haut Commandement militaire du 14 septembre interdit aux partis politiques d'avoir leur siège à moins de 500 mètres d'une institution souveraine, d'un hôpital, d'une représentation diplomatique ou d'une installation militaire, selon RFI. Les formations concernées disposent de sept jours ouvrables pour déménager. La mesure s'appuie sur la loi-cadre sur les partis adoptée en février 2026, précise RFI.

Le siège du PAIGC, qui fait face au palais présidentiel sur la place des Héros nationaux à Bissau, est fermé sur ordre militaire depuis le coup d'État de novembre 2025. Plusieurs responsables du parti sont en exil, rapporte RFI. La commission permanente du PAIGC qualifie la décision d'« absolument illégale » et conteste la compétence du Haut Commandement pour ordonner l'expulsion d'un parti de ses locaux, selon RFI.

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