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Gabon : l'opposant Bilie-By-Nze détenu depuis six mois sans être entendu par le juge d'instruction

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Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Gabon : l'opposant Bilie-By-Nze détenu depuis six mois sans être entendu par le juge d'instruction
Photo d'illustration© Unknown authorUnknown author, Wikimedia Commons (Public domain)

Selon RFI, l'ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nze est incarcéré depuis le 15 avril 2026 pour des faits présumés de 2008. Six mois après son arrestation, ses avocats dénoncent une absence d'interrogatoire et une plaignante introuvable. Gabon prison Libreville palais de justice

Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien ministre et Premier ministre sous la présidence d'Ali Bongo, est placé en détention depuis le 15 avril 2026 au Gabon. Selon RFI, cette incarcération intervient dans le cadre d'une enquête sur des faits présumés d'abus de confiance et d'escroquerie datant de 2008. Une femme lui reproche de ne pas avoir remboursé 5 millions de francs CFA, soit environ 7 622 euros, qu'elle aurait avancés à l'époque pour l'organisation de la Fête nationale des cultures.

Une détention contestée depuis six mois

Six mois après l'arrestation, le collectif d'avocats de l'opposant dénonce l'inaction de la justice gabonaise. D'après l'avocate Gisèle Eyue Bekale, citée par RFI, « six mois après son arrestation, Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze n'a pas été entendu une seule fois par le juge d'instruction ». La défense indique que toutes ses demandes d'interrogatoire au fond, de mise en liberté provisoire, de prescription des faits et de nullité ont été rejetées.

Le 5 octobre, le juge d'instruction a décidé de prolonger la détention de six mois supplémentaires. Selon RFI, cette prolongation est motivée par l'impossibilité pour le magistrat d'avoir pu poser les actes essentiels de l'instruction. Pour la défense, cette décision constitue une preuve supplémentaire de l'inaction judiciaire dans ce dossier.

Des irrégularités de procédure dénoncées par la défense

L'avocate Gisèle Eyue Bekale évoque une procédure teintée d'irrégularités. Elle rapporte que le collectif a saisi la Cour de cassation pour qu'elle statue sur les recours. Cependant, selon ses déclarations à RFI, la Cour de cassation rencontre des difficultés pour notifier les différents recours à la plaignante. « Personne ne sait où elle se trouve, pas même la Cour de cassation », affirme l'avocate.

Elle ajoute qu'aucune partie civile ne peut bloquer l'action publique et que la présence de la plaignante n'est donc pas nécessaire. La défense attend « tout simplement la libération de Monsieur Alain-Claude Bilie-By-Nze ».

Une plaignante « fantôme » et des faits prescrits

L'avocate soutient que l'action publique n'aurait jamais dû être engagée car les faits remontent à 18 ans et sont prescrits. Elle déclare à RFI : « Aucun procureur au monde n'aurait jamais ouvert une information dans ce dossier ou même une citation directe. En réalité, il s'agit d'un véritable procès en sorcellerie. » La qualification de « plaignante fantôme » est utilisée par le collectif pour souligner l'impossibilité de localiser la personne à l'origine de la plainte.

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