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Edward Rukidi Nyabongo Ier couronné roi du Tooro malgré une contestation successorale

Le cousin du défunt roi Oyo Nyimba a été intronisé mardi 29 septembre à Fort Portal, en Ouganda. La mère et la sœur du roi décédé contestent ce choix au nom d'un testament désignant un fils comme héritier.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Edward Rukidi Nyabongo Ier couronné roi du Tooro malgré une contestation successorale
Photo d'illustration© B722N, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Choix du clan et contestation familiale

Edward Rukidi Kijanangoma, 56 ans, ancien présentateur du journal télévisé national ougandais, a été couronné mardi 29 septembre roi du Tooro sous le nom d'Edward Rukidi Nyabongo Ier, rapporte RFI. La cérémonie doit se tenir à Fort Portal, dans l'ouest de l'Ouganda. Sa désignation intervient après la mort du roi Oyo Nyimba en août, selon la même source.

Les anciens du clan dynastique Babiito ont choisi ce cousin du défunt souverain pour lui succéder. L'analyste Joseph Ochieno, interrogé par RFI, explique que les anciens ont examiné sa lignée royale : Edward est le petit-fils d'un ancien roi du Tooro et remplit, selon lui, les critères coutumiers pour accéder au trône. « Au Tooro, le fils d'un roi ne lui succède pas automatiquement », précise l'analyste. « C'est le clan Babiito qui supervise le choix et le couronnement d'un nouveau roi. » Si Oyo souhaitait voir un fils lui succéder, ajoute-t-il, il aurait dû en informer officiellement les anciens, ce qui n'a pas été fait.

La mère du défunt roi, Best Kemigisa, et sa sœur, la princesse Ruth Komuntale, défendent une autre lecture de la succession. Elles invoquent un testament daté de 2022 qui, selon elles, désigne le fils d'Oyo comme héritier. Le Premier ministre du royaume, Calvin Armstrong Rwomiire, avait également annoncé après la mort d'Oyo que celui-ci laissait un prince dont l'identité serait révélée ultérieurement. Le président Yoweri Museveni a, lui aussi, évoqué l'existence d'un jeune héritier.

Ni le nom de cet enfant ni celui de sa mère n'ont été rendus publics. Best Kemigisa affirme qu'il devait rentrer des États-Unis avec la famille après la mort d'Oyo, qui y était soigné pour un cancer. Selon elle, la famille y a renoncé par crainte de l'exposer à une querelle devenue trop tendue. Les anciens du clan rétorquent qu'aucun fils ne leur avait été officiellement présenté comme héritier. L'existence et la filiation de l'enfant n'ont pas été établies publiquement de manière indépendante, note RFI.

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Rites de couronnement et rôle du royaume

Les cérémonies doivent conduire le roi désigné vers le palais de Karuziika après une procession nocturne. À l'entrée, des participants rejoueront une bataille : une résistance symbolique avant qu'il ne prenne possession du palais, décrit la source.

Le Tooro est l'un des royaumes traditionnels d'Ouganda. Son roi n'exerce pas de pouvoir politique officiel, mais il incarne l'identité culturelle du peuple batooro, dans l'ouest du pays. Pour Joseph Ochieno, il est aussi un symbole d'unité et peut porter les projets de développement culturel du royaume. La succession ne change pas le gouvernement de l'Ouganda, mais elle compte pour ceux qui se reconnaissent dans ce royaume. Le président Yoweri Museveni est attendu au couronnement ; il n'a toutefois pas, rappelle l'analyste, le pouvoir de choisir le souverain à la place des institutions du Tooro.

Perspectives pour le nouveau règne

Le prince Patrick Araali Kasagama, cousin de la princesse Ruth Komuntale et parent d'Edward, estime que le nouveau roi a « les qualités pour réunir le trône et le peuple ». Edward a promis de redonner de l'élan à la vie culturelle du Tooro et à ses projets de développement. Le couronnement lui donnera les insignes royaux. Reste à voir s'il permettra aussi de rapprocher les branches de la famille qui s'opposent encore sur la succession d'Oyo, qui était monté sur le trône à seulement trois ans.

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