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Ebola et grossesse : ce qu'on répond aux femmes enceintes de Bunia, et ce que l'OMS établit

Le 6 octobre 2026 à Bunia, un dialogue communautaire a recueilli une rumeur selon laquelle les femmes enceintes craignent d'être infectées volontairement à l'hôpital pendant l'épidémie d'Ebola, tandis que l'OMS confirme que le virus peut persister dans le placenta et entraîner des issues défavorable

Par Rédacteur NIE

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Ebola et grossesse : ce qu'on répond aux femmes enceintes de Bunia, et ce que l'OMS établit
Photo d'illustration© Samuel BOLONGO, Wikimedia Commons (CC0)

Un dialogue communautaire tenu le 6 octobre 2026 à Bunia avec une vingtaine de femmes en consultation prénatale a fait remonter une rumeur précise sur l'hôpital. Selon Politico.cd, la séance, organisée par le Conseil sur la santé et l'académie de médecine avec l'appui du Fonds humanitaire en République démocratique du Congo, visait à expliquer la maladie à virus Ebola, déconstruire les rumeurs et encourager la poursuite des consultations prénatales. Une participante, sous couvert d'anonymat, a déclaré : « On nous dit que si on va à l'hôpital pendant Ebola, on va nous injecter le virus, l'on peut être retenue de force et par après déclarée malade bien que nous ne l'étions pas. » Cette formulation précise ne figure pas dans la littérature de la riposte congolaise, bien que des variantes voisines aient été documentées dans des enquêtes antérieures.

Sylvain Mayoga, pédiatre au centre et animateur de la séance, a posé le cadre : « La situation épidémiologique en Ituri appelle à une vigilance accrue. En raison de la proximité des zones affectées et de la forte mobilité des populations, le risque de propagation de la maladie à virus Ebola reste important. » Le compte rendu de l'organisation indique que l'équipe a répondu aux inquiétudes en expliquant « qu'il n'y a pas de transmission pendant la grossesse si les mesures barrières sont respectées », tout en insistant sur une vigilance maximale au moment de l'accouchement. Cette réponse recouvre deux questions traitées séparément par les autorités sanitaires.

La première concerne le risque de contracter la maladie en se présentant dans une structure de soins. Ce risque n'est pas nul et est documenté dans cette épidémie précise. Le cas index remonte à un agent de santé de la zone de santé de Rwampara, en périphérie de Bunia, dont les premiers symptômes sont datés du 24 avril 2026. Dès le 17 mai, l'OMS déclarait l'urgence de santé publique de portée internationale, relevant « des lacunes concernant les mesures de lutte anti-infectieuse ». Au 20 août, 158 soignants avaient été infectés et 45 étaient morts. Le personnel de santé reste la catégorie la plus exposée. Pourtant, la doctrine officielle n'est pas l'évitement : le comité d'urgence du Règlement sanitaire international recommande, depuis le 24 août, de « maintenir la fourniture de l'ensemble des services de santé essentiels, en mettant en œuvre des mesures de lutte anti-infectieuse », incluant au minimum le diagnostic et le traitement du paludisme ainsi que les services de santé de la mère et de l'enfant.

La seconde question porte sur le fœtus. L'aide-mémoire de l'OMS sur la maladie à virus Ebola, mis à jour le 24 avril 2025, indique que le virus peut persister dans le placenta, le liquide amniotique et le fœtus des femmes infectées pendant la grossesse, ainsi que dans le lait maternel des femmes qui allaitent. La ligne directrice de l'OMS de février 2020 sur la prise en charge des femmes enceintes et allaitantes fait état d'issues de grossesse défavorables proches de 100 % chez les femmes qui contractent la maladie pendant la grossesse.

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