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Afrique

Congestion record au port d'Abidjan : le coton africain bloqué menace la filière

Le port d'Abidjan subit une congestion inédite qui bloque l'exportation de coton ouest-africain, provoquant retards de paiement et pertes financières pour les acteurs de la filière, selon RFI.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Congestion record au port d'Abidjan : le coton africain bloqué menace la filière
Photo d'illustration© Romain Seaf, Wikimedia Commons (CC BY-SA 2.0)

Une nouvelle campagne cotonnière débute en Afrique de l'Ouest. Pourtant, l'ancienne récolte n'a pas été entièrement expédiée. Selon RFI, des tonnes de coton restent bloquées au port d'Abidjan, l'un des principaux points de sortie de la production régionale. La cause est une congestion portuaire majeure qui perturbe les opérations depuis plusieurs mois.

Une congestion « inédite depuis 15 ans »

Johanna Adotevi, directrice commerciale d'Ivoire Coton et de Faso Coton, décrit un « chaos » persistant. « Des navires restés en rade pendant trois semaines, des escales annulées, reportées, des conteneurs vides qui ne sont pas disponibles, des conteneurs pleins de partout, des fenêtres d'accostage très courtes, des camions qui n'arrivent pas à entrer dans le terminal », énumère-t-elle, citée par RFI. Cette situation a débuté à la fin du mois de mai, après la reprise des exportations consécutive à une vague de commandes de coton en provenance du Bangladesh.

Quelle que soit la compagnie maritime, le port d'Abidjan connaît une congestion inédite depuis 15 ans, affirme Johanna Adotevi. Les délais d'attente atteignent des records, jusqu'à trois mois contre trois semaines habituellement. Pour Ivoire Coton, cela représente environ 30 milliards de francs CFA (soit 45,7 millions d'euros) pour 3 000 tonnes bloquées. « Tant qu'on n'embarque pas, on n'est pas payé et si on n'est pas payé, on ne peut pas encaisser », résume la directrice commerciale.

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Des répercussions sur toute la chaîne

L'impact se propage en amont. Kassoum Koné, directeur commercial de la Compagnie ivoirienne de coton et président de l'Association cotonnière africaine, souligne que « quand il y a un goulot d'étranglement, toute la chaîne en amont est bloquée ». Les cotonculteurs attendent que les conteneurs soient exportés pour être payés. Ils « ne comprennent pas ce qui se passe, mais qui ressentent le manque d'argent », rapporte RFI.

Les négociants subissent également la pression. Thierry Devilder, président de la maison de négoce Devcot et de l'Association française cotonnière, explique qu'un conteneur bloqué au port représente un risque financier. « Quand on a des cotons qui sont au port, on est pris en otage par les compagnies maritimes, on a des frais de stationnement de conteneurs à quai qui renchérissent le prix », déplore-t-il. Un coton livré en retard mécontente le client et expose à d'éventuelles taxes.

Risque fiscal et atteinte à la réputation

La taxe la plus redoutée est celle de l'Inde, grand acheteur de coton africain. Ce pays avait levé ses droits de douane à l'importation, mais les rétablira à compter du 1er novembre, selon RFI. Les retards actuels font courir le risque que les cargaisons arrivent après cette date.

Au-delà de l'urgence financière, la réputation de l'origine africaine est menacée. « Quand on est en compétition avec un coton brésilien qui est disponible tout de suite, dans le même marché, et que le nôtre met trois mois à arriver, on se tire une balle dans le pied », avertit Johanna Adotevi. Elle craint que les effets négatifs se fassent sentir sur les prix l'année prochaine : « Quand on viendra sur le marché, on va nous offrir moins, parce qu'on devient une origine à problèmes et parce qu'on n'arrive pas à livrer à temps. »

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