Culture
Cicatrices invisibles : un projet photographique sur les souffrances psychologiques à Goma
Le photographe Aristarque Kubuya a présenté à Goma, au Nord-Kivu, son projet « Cicatrices invisibles » à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, afin de sensibiliser aux traumatismes psychologiques liés aux conflits armés dans l'est de la RDC.
Par Rédacteur NIE
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Présentation du projet « Cicatrices invisibles »
Le photographe documentaire et événementiel Aristarque Kubuya a présenté à Goma, au Nord-Kivu, son projet artistique intitulé « Cicatrices invisibles » à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre. Cette initiative vise à sensibiliser la population aux souffrances psychologiques laissées par les conflits armés dans l'est de la République démocratique du Congo.
À travers la photographie, l'artiste cherche à rendre visibles les blessures intérieures des personnes affectées par les violences, souvent dissimulées derrière des réponses quotidiennes comme « Ça va », alors que certaines traversent des moments de détresse psychologique.
Participation du public et recueil des témoignages
Dans le cadre de cette initiative, des participants issus de différents milieux ont été invités à partager leurs ressentis sur le conflit qui a notamment conduit à la prise de Goma par les rebelles de l'AFC/M23 en janvier 2025, ainsi qu'à décrire les images présentées lors de l'exposition. Leurs réponses et leurs émotions ont été recueillies sur des feuilles de papier afin de favoriser l'expression des sentiments et d'ouvrir un espace de réflexion sur les conséquences humaines des violences.
À travers cette démarche, Aristarque Kubuya souhaite attirer l'attention sur une dimension souvent moins visible des crises humanitaires : les traumatismes psychologiques qui persistent après les événements violents. Si les interventions humanitaires répondent notamment aux besoins matériels des populations, les souffrances intérieures restent parfois difficiles à identifier et à prendre en charge.
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Objectifs et portée du projet
Aristarque Kubuya affirme que, après l'activité, les participants doivent être en mesure de s'identifier, d'identifier leur douleur et d'aider les autres sur le plan mental, notamment par l'esprit d'écoute et la limitation des préjugés. Il souhaite que le projet soit véhiculé dans la communauté, rencontré les gens partout, pour que chacun comprenne que tout le monde est touché par ce problème, indépendamment de son statut social, de son âge ou de son genre.
Il aimerait aussi que le projet atteigne le niveau national et international, pour s'adresser à l'opinion nationale et internationale, afin qu'ils comprennent comment ils peuvent contribuer à résoudre ce problème quotidien. Cette approche vise à favoriser l'écoute, la solidarité et le soutien mutuel au sein des communautés, dans un contexte marqué par les violences armées et leurs conséquences sur la vie quotidienne.
Au-delà de l'exposition, Aristarque Kubuya ambitionne de faire connaître son projet auprès de différentes communautés de la région, avant de l'étendre à l'échelle nationale et internationale. Il souhaite ainsi sensibiliser un public plus large aux conséquences psychologiques des conflits armés dans l'est de la RDC et encourager une mobilisation autour de cette problématique.
Parcours et démarche artistique d'Aristarque Kubuya
Originaire de l'est de la RDC, au cœur de la région du Kivu, Aristarque Kubuya est photographe indépendant depuis ses débuts en 2013. Après avoir travaillé dans la photographie événementielle, notamment lors de fêtes, de mariages et de conférences, il s'est progressivement orienté vers une pratique documentaire et artistique consacrée aux conséquences humaines des conflits.
Son travail explore les traumatismes silencieux, les douleurs intérieures et le poids des souvenirs laissés par les violences. À travers ses images, il cherche à dépasser la représentation des destructions matérielles pour mettre en lumière les blessures enfouies, la mémoire et la dignité des populations affectées par les conflits armés.
Avec « Cicatrices invisibles », le photographe entend rappeler que les conséquences des conflits armés ne se limitent pas aux pertes humaines, aux déplacements de populations et aux destructions matérielles. Elles affectent également la santé mentale, les émotions et les relations sociales des personnes qui les subissent.
À Goma, où les populations restent confrontées aux conséquences des violences armées, cette initiative artistique contribue à ouvrir un espace de réflexion sur la santé mentale et sur l'importance de reconnaître les souffrances psychologiques afin de mieux accompagner les personnes affectées.
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