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Ceuta : la crise migratoire de juillet alimente le discours des droites radicales européennes

La ruée de 60 000 à 70 000 migrants marocains vers l'enclave espagnole fin juillet 2026 est instrumentalisée par l'extrême droite européenne pour critiquer Pedro Sánchez et nourrir un récit identitaire, selon Jeune Afrique.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Ceuta : la crise migratoire de juillet alimente le discours des droites radicales européennes
Photo d'illustration© Pool Moncloa / Borja Puig de la Bellacasa, Wikimedia Commons (Attribution)

Fin juillet 2026, des dizaines de milliers de personnes venues du Maroc ont franchi la frontière de Ceuta, l'enclave espagnole en Afrique du Nord. En l'espace de quelques jours, plus de 60 000 migrants sont entrés dans le territoire, selon les deux articles de Jeune Afrique publiés les 31 août et 19 septembre. Les images de cette « ruée » ont fait le tour du monde et servent désormais de « scénario idéal » aux droites radicales occidentales, analyse François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, au micro de RFI.

Une aubaine pour les droites identitaires

Pour François Soudan, cette crise offre aux droites radicales européennes un « scénario idéal qui permet de conforter leur projet politique xénophobe et identitaire ». Les images de la frontière submergée, de l'armée déployée et des morts annoncées tournent en boucle et devraient continuer de le faire « d'ici aux élections de 2027, en France comme en Espagne », rapporte Jeune Afrique.

Aux États-Unis, Donald Trump y voit « l'échec de la gauche », selon l'article du 31 août. En France, Jordan Bardella dénonce une « submersion sans précédent ». En Espagne, le parti Vox pointe « la main de Rabat ». La stigmatisation anti-marocaine devient, selon François Soudan, « le fonds de commerce non seulement du parti d'extrême droite Vox, mais aussi du Parti populaire à moins d'un an des élections générales de 2027 ». Cette hostilité s'ancre dans un « terreau historique conflictuel entre les deux royaumes ».

Pedro Sánchez, cible principale

La cible principale de cette offensive est le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, critiqué pour son « prétendu laxisme migratoire » par une vingtaine de gouvernements européens conservateurs et par l'administration Trump, selon la source du 19 septembre. Le Maroc, en revanche, est « relativement épargné par ces attaques ». La « galaxie trumpiste » va même jusqu'à « encourager le royaume à récupérer les enclaves de Ceuta et Melilla », poursuit François Soudan sur RFI.

Contexte diplomatique tendu

La crise a tendu les relations entre Madrid et Rabat. L'Espagne dispose d'un levier économique : elle est un fournisseur de premier plan en gaz, pétrole et électricité pour le Maroc, note Jeune Afrique. Sur le plan diplomatique, une lettre du royaume à l'ONU, interprétée comme l'expression de revendications territoriales sur les deux enclaves, nie l'existence de frontières terrestres entre les deux pays. Héritées de la Reconquista, Ceuta et Melilla incarnent « les dernières parcelles européennes sur le continent africain », rappelle la journaliste Nina Kozlowski.

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