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Centrafrique : le cancer du sein, un tabou qui touche femmes et hommes

En Centrafrique, octobre est consacré à la lutte contre le cancer du sein, maladie méconnue qui affecte aussi les hommes. L'association Ô Fil des Femmes et l'Institut Pasteur de Bangui multiplient les actions de sensibilisation et de dépistage, rapporte RFI.

Par Rédacteur NIE

· 3 min de lecture

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Centrafrique : le cancer du sein, un tabou qui touche femmes et hommes
Photo d'illustration© Afrika Force from South Africa, Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

En République centrafricaine, le mois d'octobre est placé sous le signe de la lutte contre le cancer du sein. Selon RFI, cette maladie reste peu connue de la population et touche aussi bien les femmes que les hommes. L'Institut Pasteur de Bangui et l'association Ô Fil des Femmes intensifient leurs actions de sensibilisation pour informer sur les risques, les signes de la maladie et l'importance du dépistage précoce.

L'association Ô Fil des Femmes et le témoignage de Mylène Limbio

L'association Ô Fil des Femmes a été créée en 2022 par Mylène Limbio, ancienne malade. Il y a six ans, elle a été confrontée au cancer du sein et a dû subir une ablation. « Je me suis adaptée à cette maladie. Le combat que j'ai mené depuis 2020 sera le combat de ma vie pour accompagner les femmes centrafricaines, et surtout à se dépister », déclare-t-elle, citée par RFI. L'association prévoit de sensibiliser dans les marchés, dans les lycées et cette année dans tous les corps de l'armée, « autant de femmes que d'hommes », précise la fondatrice.

Les hommes aussi concernés : le cas d'Arsène Libi

Le cancer du sein ne concerne pas seulement les femmes. Arsène Libi, âgé d'une cinquantaine d'années, a découvert la maladie en en étant lui-même victime. « Le cancer du sein ne voit pas seulement les femmes, ça touche aussi les hommes. Je suis victime. À l'époque, [j'avais mal] à mon sein, côté gauche, et le docteur m'a fait savoir que c'était le cancer du sein. Il y a encore des traitements à suivre. Je ne suis pas totalement guéri », témoigne-t-il auprès de RFI.

Des chiffres alarmants et un manque de statistiques nationales

Si le dépistage précoce peut améliorer les chances de prise en charge et de guérison, 70 % des patients arrivent à un stade avancé, selon le service de cancérologie de l'hôpital général de Bangui, cité par RFI. Faute de statistiques nationales, Mylène Limbio et son équipe documentent le phénomène. « Comme l'année dernière, nous avons sensibilisé plus de 1 000 personnes, dépisté plus de 500 personnes et accompagné 25 malades dans l'arrière-pays », indique la présidente de l'association.

Des besoins immenses dans l'arrière-pays

Même si l'association prend en charge gratuitement plusieurs centaines de personnes chaque année, les besoins restent immenses. Dans l'arrière-pays, selon des sources hospitalières rapportées par RFI, de nombreuses personnes succombent encore au cancer du sein, faute d'informations et d'une prise en charge appropriée.

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