Afrique
Cameroun : le tourisme ruiné à Maroua par la guerre contre Boko Haram
Selon RFI, le tourisme dans l'Extrême-Nord du Cameroun s'est effondré depuis l'arrivée de Boko Haram en 2013. Les artisans et guides de Maroua témoignent d'une activité réduite à néant.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Le délégué régional du tourisme de l'Extrême-Nord, Denis Kodji, dresse un bilan chiffré du déclin. Selon lui, cité par RFI, la région a accueilli plus de 10 000 touristes occidentaux à partir de 2013. À partir de 2015, la fréquentation est tombée « pratiquement à zéro ». En 2025, seulement 26 touristes occidentaux ont été enregistrés. Depuis le début de l'année, le chiffre s'élève à deux.
Au centre artisanal de Maroua, construit récemment, les 150 marchands attendent des clients qui ne viennent plus. Alidou Mohamadou, artisan depuis 10 ou 12 ans, affirme n'avoir plus vu un seul touriste occidental depuis cette période. « Je vends les samaras, les habits, les sacs, les objets de décoration », précise-t-il. Son collègue Abdourahmane Baba résume la situation : « On est dans la zone rouge [...] maintenant, on vient ici juste pour chercher de quoi nourrir nos familles. »
Guides et pisteurs contraints à l'exil
Nicolas Vendi, guide touristique depuis 2014, n'a plus organisé de voyage vers les villages de Rhumsiki et Kapsiki, réputés pour leurs montagnes et leurs cases en terre. Il explique que Boko Haram s'installe par moments et attaque les villages. « Beaucoup de jeunes qui sont guides touristiques ont quitté Rhumsiki, Waza, Maga, Pouss. Beaucoup de jeunes ont pris peur. » Aujourd'hui, il travaille comme intermédiaire dans la location de véhicules et perçoit des commissions. « On est perdus, ça ne fonctionne pas, beaucoup de jeunes vadrouillent dans les quartiers, on prend de l'âge, ça rend les gens stressés. »
Initiatives sécuritaires et reconversion envisagée
Face à l'insécurité persistante dans les zones à fort potentiel touristique, les autorités tentent des solutions ponctuelles. Le délégué régional indique que des initiatives « spontanées » d'escorte des touristes sont mises en place pour garantir leur sécurité. Parallèlement, les autorités espèrent pouvoir former les guides touristiques afin qu'ils puissent se déplacer vers d'autres régions du Cameroun où le tourisme reste florissant.
À lire aussi
AfriqueCentrafrique : les Bangui Financial Days cherchent des solutions de financement pour le secteur privé
À Bangui, la Banque mondiale et la SFI participent aux Bangui Financial Days pour discuter de l'accès au crédit des entreprises centrafricaines, freiné par l'absence d'états financiers et un cadre légal inachevé, selon RFI.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
AfriqueCôte d'Ivoire : le projet « Premier continent » prévoit une école d'acteurs et un festival à Abidjan
CULTURE
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
AfriqueOCP met en service un stockage par batteries à Benguerir pour sa transition verte
Le groupe marocain OCP a mis en service mi-septembre un système de stockage d'électricité par batteries sur sa mine de Benguerir, dans le cadre d'un plan d'investissements verts lancé en 2022, selon Jeune Afrique.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
