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Cameroun : dix ans après la marche des avocats à Bamenda, retour sur les origines de la crise anglophone

Le 6 octobre 2026 marque le dixième anniversaire de la première marche pacifique d'avocats à Bamenda, dans le Nord-Ouest camerounais, selon RFI. Cette mobilisation, réprimée par des gaz lacrymogènes, a précédé l'embrasement des régions anglophones.

Par Rédacteur NIE

· 2 min de lecture

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Cameroun : dix ans après la marche des avocats à Bamenda, retour sur les origines de la crise anglophone
Photo d'illustration© Tchoumegni, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Il y a dix ans, le 6 octobre 2016, une centaine d'avocats des régions anglophones du Cameroun ont défilé à Bamenda, en toges noires et perruques poudrées, pour protester contre ce qu'ils percevaient comme une érosion de la tradition juridique de « Common law », rapporte RFI. Ce mardi 6 octobre 2026, cette date symbolique est commémorée comme le point de départ d'une crise qui a basculé dans un conflit armé entre groupes séparatistes et forces gouvernementales, selon la même source.

La marche du 6 octobre 2016

Selon RFI, quelque 150 avocats du Nord-Ouest ont marché jusqu'au tribunal, puis vers « T Junction » et « Liberty Square ». L'avocat et figure de la société civile Félix Agbor Balla, participant à la marche, décrit une « manifestation classique, pacifique ». Il témoigne qu'alors que le discours du président de l'association des avocats du Nord-Ouest touchait à sa fin, un gendarme a tiré des gaz lacrymogènes, dispersant la foule, rapporte RFI.

Les revendications des avocats

Les avocats s'inquiétaient de nombreuses nominations de magistrats formés au droit civil dans leurs juridictions, explique Félix Agbor Balla cité par RFI. Ils ne contestaient pas la présence de magistrats francophones, certains étant bien formés à la Common law, mais pointaient des personnes ne comprenant pas « l'esprit, la culture des gens » et ne maîtrisant pas l'anglais, ce qui rendait difficile la compréhension des audiences pour les justiciables, selon la même source. Un autre grief concernait l'absence de version anglaise des textes de l'Ohada (Organisation pour l'harmonisation en Afrique du droit des affaires), alors que la Constitution stipule que le Cameroun est un pays bilingue, rapporte RFI.

La répression et l'engrenage violent

Quelques jours après la marche de Bamenda, une grève est décidée, puis une nouvelle manifestation organisée le 10 novembre 2016 à Buea, dans le Sud-Ouest, selon RFI. Cette manifestation a été « brutalement réprimée », affirme Félix Agbor Balla cité par l'article. « Je n'aurais jamais imaginé à l'époque qu'on en arriverait là », confie-t-il à RFI. S'ensuivent, début 2017, des journées villes mortes, des boycotts et des incidents de plus en plus violents, jusqu'à déboucher sur un conflit armé, résume l'article.

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