Afrique
Burkina, Mali, Guinée : les États ouest-africains tentent de reprendre le contrôle de l'or
Les gouvernements du Burkina Faso, du Mali, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire multiplient raffineries, règles d'exportation et sociétés minières publiques pour capter plus de valeur ajoutée et de recettes fiscales, selon Jeune Afrique.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Une vague de raffineries pour transformer localement
Le symbole le plus visible de cette dynamique est la multiplication des projets de raffineries, rapporte Jeune Afrique dans une chronique de Louise Margolin. Le Burkina Faso en a inauguré une fin septembre, la Guinée vient d'exporter ses premiers lingots raffinés depuis Conakry, tandis que le Mali et la Côte d'Ivoire font avancer leurs propres projets. L'objectif affiché est de transformer sur place l'or extrait, qu'il provienne de mines artisanales ou industrielles, afin de retenir davantage de valeur ajoutée.
Une stratégie plus large de reprise en main
Les raffineries ne constituent qu'un maillon d'une stratégie plus vaste, explique la journaliste. Les gouvernements cherchent aussi à mieux encadrer le commerce de l'or artisanal, à renforcer leur contrôle sur les exportations et à accroître leur présence dans l'exploitation minière via des sociétés publiques. L'enjeu principal est de récupérer une partie des volumes qui échappent encore aux circuits officiels et d'augmenter les recettes fiscales. Selon l'ONG Swissaid, citée par Jeune Afrique, au moins 435 tonnes d'or artisanal africain ont été exportées clandestinement depuis le continent en 2022.
Des défis structurels et de marché
Reste à savoir si cette stratégie tiendra ses promesses, nuance la chronique. Capter l'or artisanal demeure difficile. Par ailleurs, les grandes compagnies minières restent attachées aux raffineries certifiées par la London Bullion Market Association (LBMA), reconnues pour la pureté de leur or et la traçabilité de leur approvisionnement. Le raffinage n'est pas non plus une activité particulièrement lucrative et la plupart des autres dispositifs sont encore en cours de déploiement. Il reste enfin à trouver l'équilibre entre un contrôle accru du secteur et le maintien d'un cadre attractif pour les investisseurs.
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