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Justice

Bunia : 115 détentions préventives examinées pour désengorger la prison face à Ebola

Le tribunal militaire de garnison de Bunia, en Ituri, a examiné la situation de 115 détenus préventifs lors de 45 audiences, du 22 juin au 14 juillet 2026. L'opération, dont le bilan a été publié le 16 juillet, visait à désengorger la prison centrale face à Ebola.

Par Rédacteur en chef · Rédacteur en chef

· Mis à jour le · 4 min de lecture

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Intérieur d'une cellule surpeuplée de la prison de Bunia : des détenus assis et allongés à même le sol en terre battue, du linge suspendu à une corde le long du mur en béton, des bidons jaunes et des bouteilles d'eau accrochés à la paroi. Un homme debout verse de l'eau d'un bidon dans une tasse bleue.
L'intérieur de la prison centrale de Bunia, en Ituri : conçue pour 200 détenus, elle en accueillait déjà plus d'un millier lors de cette intervention d'Oxfam contre le choléra. Photo d'archives.© Oxfam East Africa / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

Le tribunal militaire de garnison de Bunia, en Ituri, a tenu 45 audiences entre le 22 juin et le 14 juillet 2026. Elles ont porté sur la situation de 115 personnes placées en détention préventive à la prison centrale de la ville. Le bilan de cette série a été rendu public le 16 juillet. L'opération poursuivait deux objectifs affichés : réduire la détention préventive prolongée et désengorger l'établissement, dans un contexte d'épidémie d'Ebola.

Des peines allant de quatre mois à la perpétuité

L'amplitude des décisions est large. À un bout, la servitude pénale à perpétuité, prononcée pour participation à un mouvement insurrectionnel, meurtre, viol de mineures et association de malfaiteurs. À l'autre, quatre mois de prison pour propagation de faux bruits. Des acquittements ont été prononcés lorsque les preuves étaient insuffisantes.

Les personnes concernées étaient jusqu'ici des prévenus, c'est-à-dire des personnes poursuivies et détenues avant tout jugement. C'est ce statut que les 45 audiences ont eu pour objet de trancher, dans un sens ou dans l'autre.

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Près de huit détenus sur dix attendaient d'être jugés

Avant cette série d'audiences, près de 80 pour cent des pensionnaires de la prison centrale de Bunia se trouvaient en détention préventive. Autrement dit, la très grande majorité des personnes enfermées dans l'établissement n'avaient pas encore été jugées. C'est ce stock de dossiers en attente que les 45 audiences ont cherché à réduire.

La prison est par ailleurs très au-dessus de sa capacité d'accueil. Selon les chiffres retenus par la MONUSCO, elle abritait 2 231 détenus pour 520 places, soit plus de quatre fois sa capacité. Le Journal de Kinshasa avance des chiffres différents, 2 138 détenus pour 500 places, dans un rapport comparable.

Les audiences déplacées hors de la prison

Ces audiences devaient initialement se tenir à la prison centrale, sous la forme d'audiences foraines. Pour des raisons de prévention sanitaire, elles ont finalement été organisées au siège du tribunal militaire de garnison.

La section d'appui à la justice de la MONUSCO a fourni un appui technique, logistique et financier à l'opération. Cet appui couvrait notamment les frais des juges et des assesseurs.

Ce que le bilan ne dit pas

Le décompte des décisions varie selon les sources. Radio Okapi fait état de 103 jugements, la MONUSCO de 105 décisions, pour 115 prévenus dont la situation a été examinée. L'écart n'a pas été expliqué publiquement. Les chiffres de population carcérale divergent eux aussi, comme indiqué plus haut.

Surtout, le nombre de détenus effectivement libérés à l'issue de ces audiences n'a pas été publié. On ignore également combien de cas d'Ebola ont été recensés à l'intérieur de la prison centrale de Bunia, ainsi que les voies de recours ouvertes aux personnes condamnées à la servitude pénale à perpétuité. Ces données manquantes sont précisément celles qui permettraient de mesurer l'effet réel de l'opération, sur la surpopulation comme sur le risque sanitaire.

Une opération ponctuelle, adossée à un appui extérieur

La surpopulation décrite à Bunia tient d'abord à des dossiers qui attendent : près de huit détenus sur dix n'avaient pas été jugés. Ce qui a été fait en trois semaines relève du rattrapage plus que de la réforme, et cet effort a reposé sur un appui technique, logistique et financier de la MONUSCO.

La méthode reste utile à observer. Elle montre qu'une part importante d'une population carcérale peut être traitée en quelques semaines quand des moyens sont réunis pour faire passer les dossiers devant un juge. Elle montre aussi la dépendance de cette opération à un financement extérieur.

Reste la question ouverte par le bilan du 16 juillet. Tant que le nombre de sorties effectives n'est pas connu, l'effet de ces 45 audiences sur une prison qui compte, selon la MONUSCO, plus de quatre fois sa capacité ne peut pas être établi. La prochaine donnée à surveiller est celle-là.

Sources : Radio Okapi, MONUSCO, AllAfrica et Le Journal de Kinshasa.

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