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Société

Beni : interdiction temporaire de l'eau de la rivière Semuliki à Kasindi après l'apparition de l'anthrax

Les autorités administratives et sanitaires du Nord-Kivu ont interdit temporairement l'utilisation de l'eau de la rivière Semuliki à Kasindi-Lubirigha, près de Beni, après la découverte de carcasses d'hippopotames mortes du charbon bactérien, selon Radio Okapi du 7 octobre 2026.

Par Rédacteur NIE

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Beni : interdiction temporaire de l'eau de la rivière Semuliki à Kasindi après l'apparition de l'anthrax
Photo d'illustration© Mgslee, Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Les autorités administratives et sanitaires du Nord-Kivu ont décrété ce mardi 06 octobre 2026 l'interdiction temporaire d'utiliser l'eau de la rivière Semuliki à Kasindi-Lubirigha, commune frontalière située à près de 90 kilomètres de Beni, selon Radio Okapi. Cette décision fait suite à la découverte de plusieurs carcasses d'hippopotames dans le lit de la rivière. Selon les services vétérinaires et d'hygiène cités par Radio Okapi, la mort de ces animaux est attribuable au charbon bactérien (anthrax), une zoonose hautement contagieuse et redoutable pour l'homme.

D'après les données de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) rapportées par Radio Okapi, l'anthrax, aussi appelé charbon bactérien, est une infection causée par la bactérie Bacillus anthracis. Lorsqu'un animal infecté, comme l'hippopotame, meurt dans un cours d'eau, la décomposition de sa carcasse au contact de l'air libère des spores extrêmement résistantes. Ces spores peuvent survivre pendant de longues années dans l'eau et les sédiments. Chez l'humain, l'ingestion d'eau souillée ou le contact direct avec cette bactérie présente de graves risques pour la santé, ce qui justifie la mise en quarantaine immédiate de cette ressource hydrique par les autorités sanitaires, toujours selon Radio Okapi.

Cette restriction affecte en premier lieu la population de la localité de Kambo, qui dépendait quasi exclusivement de la rivière Semuliki pour la consommation, la cuisson et les travaux ménagers. Privées de leur principale source hydrique, les familles font face à un calvaire logistique quotidien. Des leaders communautaires rapportent que plusieurs femmes et jeunes filles doivent désormais effectuer quotidiennement des trajets aller-retour de six à sept kilomètres vers le centre de la cité de Kasindi pour s'approvisionner en eau saine, surchargeant considérablement les tâches ménagères et exposant les ménages à une précarité accrue, selon Radio Okapi.

Face à l'urgence sanitaire, l'Association des consommateurs d'eau potable de Kasindi-Lubirigha (ACOEP) signale l'existence de plusieurs sources d'eau naturelles exploitables situées sur la chaîne montagneuse surplombant la commune. Toutefois, la structure déplore des contraintes logistiques et financières majeures qui l'empêchent d'étendre son réseau de distribution vers les localités les plus touchées, notamment Kambo et Ihunga. L'ACOEP et les acteurs locaux appellent les autorités provinciales et les partenaires humanitaires à mobiliser d'urgence des ressources financières pour accélérer les adductions d'eau et soulager la population, selon Radio Okapi.

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