Afrique
Afrique du Sud : Eugene de Kock entendu par une commission sur les crimes impunis de l'apartheid
L'ancien chef de l'unité Vlakplaas, Eugene de Kock, 77 ans, a témoigné le lundi 26 octobre devant une commission d'enquête sur les crimes de l'apartheid restés impunis, selon RFI Afrique.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

L'ancien policier Eugene de Kock, surnommé « Prime Evil » en Afrique du Sud, a comparu comme témoin le lundi 26 octobre devant une commission d'enquête chargée d'examiner les crimes de l'apartheid qui n'ont pas été poursuivis, rapporte RFI Afrique. Âgé de 77 ans, il a dirigé l'unité de contre-insurrection basée à la ferme de Vlakplaas, où des militants anti-apartheid, dits « askaris », étaient retournés pour infiltrer leurs anciens camarades.
Contexte : Vlakplaas et la Commission vérité et réconciliation
Selon la correspondante de RFI à Johannesburg, Claire Bargelès, le pays pensait avoir clos ce chapitre après les travaux de la Commission vérité et réconciliation (CVR). Cette nouvelle commission d'enquête vise à comprendre pourquoi très peu de responsables d'atrocités ont été traduits en justice. De Kock n'avait pas obtenu l'amnistie de la CVR pour certains crimes et a purgé près de vingt ans de prison avant d'être libéré conditionnellement en 2015.
Témoignage sur la chaîne de commandement
Devant la commission, l'ancien colonel a livré son analyse sur l'impunité des hauts gradés. « Selon moi, si les généraux n'ont jamais été inquiétés, c'est parce qu'ils auraient pu révéler comment fonctionnait toute la chaîne de commandement. C'était un risque pour ceux qui ont donné les ordres », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par RFI Afrique. Il affirme être prêt à fournir des informations et des preuves pour identifier les personnes impliquées dans cette chaîne. À sa connaissance, très peu d'entre elles ont demandé et obtenu l'amnistie auprès de la CVR, et parmi celles qui ont été poursuivies, aucune n'a effectué de peine de prison, hormis lui-même.
Libération conditionnelle et autre affaire judiciaire
Condamné à la réclusion à perpétuité, Eugene de Kock a été remis en liberté conditionnelle en 2015 après avoir effectué près de deux décennies de détention. Il s'est toujours dit disposé à collaborer avec le parquet pour que davantage de personnes soient poursuivies, dénonçant le fait d'avoir été le seul à payer pour ces crimes. Plus tôt dans l'année, il avait déjà été entendu comme témoin par la justice dans le cadre de l'affaire des « Cradock 4 », relative à l'assassinat de quatre militants anti-apartheid par la police il y a plus de quarante ans.
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