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Abuja, capitale du Nigeria, face aux inondations récurrentes et à l'urbanisation non maîtrisée
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Par Rédacteur NIE
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Selon RFI Afrique, la capitale fédérale nigériane subit de lourdes inondations chaque saison des pluies. Le plan directeur de 1979, censé protéger la ville, n'a pas été respecté. Les autorités promettent une révision avec des agences internationales. pont Gudu Abuja, agence hydrologique nationale Nigeria, ministère Territoire fédéral Nigeria, ONG CSDevNet
La capitale fédérale du Nigeria, Abuja, fait face à un bilan lourd à l'issue de la saison des pluies, rapporte RFI Afrique. Des rues sont devenues impraticables, la chaussée cède par endroits et des bâtiments sont endommagés. Pourtant, un plan directeur établi en 1979 prévoyait d'éviter les inondations en respectant la topographie naturelle et en interdisant toute construction sur les cours d'eau.
Un plan directeur ignoré depuis des décennies
Initialement prévu pour être révisé tous les cinq ans, le plan de 1979 n'a jamais été formellement actualisé, selon RFI Afrique. La ville a largement dépassé les prévisions démographiques. Nathaniel Atebije, ancien président de l'Institut des urbanistes du Nigeria, explique que « tout changement dans l'utilisation des terres, c'est comme si nous changions de système ». Il dénonce de « mauvaises décisions » sur les zones sensibles écologiquement, où des zones de drainage ont été attribuées pour la construction.
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Des infrastructures qui cèdent sous les eaux
Tout près du carrefour Gudu, dans le sud de la capitale, une partie du pont s'est effondrée dans le cours d'eau qu'il surplombait. Danjuma Silas, habitant du quartier, constate depuis cinq ans une dégradation lors des pluies torrentielles : « L'inondation paralyse tout, elle est partout. On ne peut même pas voir le pont. Si on ne fait pas attention, on peut tomber dans l'eau. Beaucoup de gens sont tombés et ont perdu la vie. » Ce secteur est désormais classé à haut risque par l'agence hydrologique nationale, systématiquement submergé lors des épisodes de fortes pluies, de plus en plus intenses. Le recul des espaces verts aggrave le phénomène, les eaux de pluie ne pouvant plus être absorbées.
Réponses des autorités et critiques de la société civile
Le ministre du Territoire fédéral Nyesom Wike décline toute responsabilité de son administration, affirmant que les autorisations de construction ont été délivrées avant sa prise de poste. Il a ordonné une vague de démolitions d'habitations obstruant les cours d'eau. Pour Paul Gwumapan Joseph, responsable de plaidoyer du réseau d'ONG Climat et développement durable (CSDevNet), cette réponse est insuffisante : « Les démolitions peuvent aider en fait dans certains endroits. Nous avons également besoin d'une meilleure élimination des déchets car les déchets éliminés et drainés sans discernement peuvent bloquer l'écoulement de l'eau. Nous devons agir avant que les inondations ne se produisent, pas attendre que les gens aient perdu leur maison ou leur vie. »
Du côté des autorités, on promet de repenser la ville. Nyesom Wike a déclaré mi-août qu'un nouveau plan directeur est à l'étude en collaboration avec des agences internationales pour « s'adapter aux nouvelles réalités de la capitale ».
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