Économie
Tchad-France : l'économie pour relancer une relation diplomatique refroidie
Après un refroidissement diplomatique en 2024, le Tchad et la France misent sur la coopération économique pour renouer leurs liens. N'Djamena vise 26 milliards d'euros d'investissements d'ici 2030 et met en avant des réformes, mais l'accès à l'électricité reste un frein majeur, selon RFI.
Par Rédacteur NIE
· 3 min de lecture

Selon RFI, après le refroidissement diplomatique de 2024, le Tchad et la France cherchent à relancer leur relation par l'économie. Les autorités tchadiennes veulent attirer les entreprises françaises pour financer leurs ambitions de développement, avec un objectif de 26 milliards d'euros d'investissements visés d'ici 2030.
Des réformes pour améliorer le climat des affaires
Le pays a engagé plusieurs réformes présentées comme des gages de sérieux. Un nouveau code du travail, des exonérations fiscales pour les investisseurs étrangers, la digitalisation des entreprises et des services de l'État ont été mis en place. Le Tchad mise notamment sur un guichet unique, via l'Agence nationale des investissements et des exportations (Anie), pour faciliter l'installation des entreprises. Abderrahmane Gademi, administrateur provisoire de la Chambre de commerce et d'industrie, défend ces réformes : « Aujourd'hui, les réformes sont engagées. Donc le développement économique du Tchad, la diversification économique dans sa globalité, la transformation du tissu industriel, liste-t-il , toutes ces priorités aujourd'hui rentrent dans le cadre du Plan national de développement Tchad Connexion 2030, dans le cadre de la mise en œuvre de la vision dictée par le Maréchal Président de la République . »
L'électricité, un frein persistant
Malgré ces annonces, l'indice d'attractivité établi par l'institut Amadeus pour 2024 ne progresse pas : le Tchad se classe 49e sur 54 pays africains évalués. Pour Djimadoum Mandekor, économiste et ancien directeur central à la Banque des États de l'Afrique centrale, l'un des principaux obstacles à l'investissement reste l'accès à l'électricité. « Cet obstacle-là n'a pas disparu. Il y a quand même un décalage entre des engagements et, encore une fois, une mise en œuvre pratique, concrète, souligne-t-il. Des efforts sont à faire pour que les entreprises, tant nationales que celles qui viennent de l'étranger, trouvent les moyens de réaliser effectivement leurs activités à faible coût . »
Des signaux positifs côté français
Sur la question énergétique, Marc Galinier, directeur Afrique de la société française Qair, vient de signer un accord pour deux centrales solaires de 30 mégawatts aux portes de N'Djamena. « Tout le modus operandi , que ce soit inhérent aux taxes fiscales et douanières, à la facilitation de la contractualisation, force est de constater que ça s'est extrêmement amélioré, met-il en avant , le Tchad met les moyens en place aujourd'hui pour faciliter l'installation des entrepreneurs . »
Côté français, le Medef International voit des opportunités dans ce réchauffement des relations, mais aussi dans la reprise de la coopération sécuritaire. Son président, Philippe Gauthier, souligne l'intérêt retrouvé des entreprises françaises pour le pays. « Le Tchad est un pays stable dans la région. Il est passé à travers les "révolutions" des autres pays du Sahel . Et on a pas mal d'entreprises françaises qui reprennent le chemin du Tchad sur les infrastructures, sur l'énergie, sur la santé, etc. », pointe-t-il. Quelques accords ont été signés ces dernières semaines. Ils pourraient contribuer à relancer les investissements directs français au Tchad, tombés à 48 millions d'euros en 2024.
À lire aussi
ÉconomieJean-Pierre Bemba plaide pour une approche intégrée des corridors de transport en RDC
Le vice-Premier ministre des Transports appelle à réformer les corridors logistiques lors du forum RIF 2026 à Kinshasa. Il demande une intégration des infrastructures, de l'énergie et du numérique pour réduire les coûts.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
ÉconomieLa RDC adopte une stratégie pour tracer 7,7 millions de tonnes de fret via Dar es Salaam
Le Conseil des ministres du 23 octobre a adopté une stratégie pour maîtriser les flux congolais transitant par le port de Dar es Salaam, avec un système de traçabilité électronique et un accord bilatéral à signer sous 90 jours.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
ÉconomieMustafa Rawji (Rawbank) : la première banque de RDC vise l'économie réelle et les PME
Le patron de Rawbank, première banque de RDC par le total du bilan, détaille sa stratégie de recentrage vers l'économie réelle et les PME, tout en assumant l'exposition au secteur minier, selon deux entretiens publiés par Jeune Afrique.
Rédacteur NIE ·
Lire l'article
