Politique
Les silences du discours de Joseph Kabila
Le 9 octobre 2026, l'ancien président Joseph Kabila a prononcé un discours accusant le pouvoir de Félix Tshisekedi de poursuivre la guerre dans l'Est pour des intérêts politiques, sans nommer explicitement le Rwanda ni le M23, malgré leurs responsabilités établies par le Conseil de sécurité de l'ONU
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

Dans son discours du 9 octobre 2026, Joseph Kabila impute au pouvoir de Félix Tshisekedi la poursuite de la guerre dans l'Est de la République démocratique du Congo. Selon Politico.cd, il reproche au gouvernement de prolonger le conflit pour des intérêts politiques, évoquant le non-respect du cessez-le-feu de Doha, la collaboration avec des groupes armés, leur approvisionnement en armes et les bombardements de populations civiles. Il cite expressément les Wazalendo et les FDLR comme acteurs du conflit, mais ne nomme jamais le Rwanda, son armée, le M23 ou l'Alliance Fleuve Congo.
Le discours utilise une formulation générale lorsqu'il évoque les « autres parties belligérantes », ce qui rend anonymes les interlocuteurs militaires du gouvernement. Cette précision dans l'accusation contre Kinshasa contraste avec l'absence de nommage des forces rwandaises et du M23, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU a, dans sa résolution 2773 du 21 février 2025, exigé le retrait immédiat et sans condition des forces rwandaises du territoire congolais, la cessation du soutien au M23, le départ des zones contrôlées par ce groupe et le démantèlement de ses administrations parallèles. Le même texte demande également l'arrêt du soutien des forces congolaises aux FDLR.
Joseph Kabila réclame néanmoins le retrait de « toutes les troupes étrangères du territoire national » et la neutralisation de tous les groupes armés. Cette position est générale et ne s'accompagne ni d'une condamnation explicite de l'intervention rwandaise ni d'un appel nommément adressé au M23 pour qu'il abandonne les territoires qu'il contrôle. Selon Politico.cd, cette exigence collective dilue la responsabilité de Kigali, tandis que celle de Félix Tshisekedi fait l'objet d'un réquisitoire circonstancié.
Cette omission prend un relief particulier au regard des sanctions américaines visant l'ancien président. Le 30 avril 2026, l'OFAC a sanctionné Joseph Kabila pour son soutien au M23 et à l'AFC, une décision administrative qui rattache explicitement l'ancien chef de l'État à ces deux organisations. Il a également été condamné à mort par contumace en septembre 2025 dans une affaire portant sur son soutien présumé à la rébellion, bien qu'il nie les faits et dénonce une justice politisée. Ces éléments ne suffisent pas à établir les intentions derrière les omissions de son discours, mais ils rendent nécessaire l'examen de sa propre responsabilité.
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