Politique
Sierra Leone : l'opposition conteste la réforme constitutionnelle devant la Cour suprême
Le recours déposé par l'opposition sierra-léonaise devant la Cour suprême porte sur une réforme constitutionnelle modifiant le seuil électoral pour la présidentielle et la procédure d'adoption au Parlement, examinée depuis le 7 octobre 2026.
Par Rédacteur NIE
· 2 min de lecture

En Sierra Leone, la Cour suprême a commencé mercredi 7 octobre 2026 à examiner la réforme constitutionnelle contestée par l'opposition, selon RFI Afrique. Le texte modifie les règles de la prochaine présidentielle en abaissant le seuil nécessaire pour être élu dès le premier tour de 55 % à plus de 50 % des voix. L'opposition conteste cette modification, estimant qu'elle menace la cohésion nationale. Selon Abdul Kargbo, chef de l'opposition parlementaire à l'origine du recours, le seuil de 55 % avait été fixé pour tenir compte de la diversité du pays et obliger les partis à former des coalitions. Il affirme que ce mécanisme renforce la stabilité et l'inclusivité, aucun parti ne pouvant atteindre 55 % sans s'allier à d'autres.
Par ailleurs, l'opposition soutient que la réforme a été adoptée au Parlement sans respecter les procédures prévues pour modifier la Constitution. Sur le fond, toutefois, elle approuve certains aspects du texte, comme la possibilité pour les binationaux de devenir députés, qui fait consensus entre les deux camps. En revanche, le nouveau seuil pour gagner la présidentielle divise profondément les acteurs politiques. Abdul Kargbo ajoute que, même avec une majorité nationale, un candidat devrait obtenir 20 % des voix dans au moins deux districts sur trois pour être élu, une condition qu'il juge excessive et source de nouvelles tensions.
Un autre point de désaccord concerne le mode de scrutin aux législatives. La réforme maintient la représentation proportionnelle, mais plusieurs organisations civiles, religieuses et syndicales l'ont rejetée lors des consultations sur la réforme électorale, selon Abdul Kargbo. L'opposition avait boycotté le Parlement après les élections contestées de 2023, et cette réforme devait initialement restaurer la confiance. Toutefois, selon le chef de l'opposition, d'autres mesures contenues dans le texte continuent de diviser plutôt que d'apaiser le climat politique.
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