Politique
She Okitundu revendique un rôle clé dans les pourparlers Ibiza-Venice avec l'UDPS
L'ancien ministre des Affaires étrangères Léonard She Okitundu affirme avoir initié les rencontres d'Ibiza et de Venise entre le camp Kabila et l'UDPS, lors d'un espace X avec Stanis Bujakera le 29 septembre 2026.
Par Rédacteur NIE
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L'ancien chef de la diplomatie congolaise sous Joseph Kabila, aujourd'hui cadre de l'Union sacrée, a détaillé son implication dans les discussions qui ont préfiguré le rapprochement entre la majorité présidentielle d'alors et l'opposition. Selon Actualite.cd, Léonard She Okitundu s'est exprimé le 29 septembre 2026 lors d'un espace X animé par le journaliste Stanis Bujakera. Il se présente comme l'un des artisans de la « réconciliation sur le plan national » et affirme avoir été « parmi ceux qui avaient initié » les rencontres entre les deux camps, tenues successivement à Ibiza puis à Venise, auxquelles il dit avoir personnellement participé.
Des choix de Premiers ministres « non légitimés » par l'UDPS
Revenant sur les gouvernements issus des cadres de négociation précédents, She Okitundu pointe la faiblesse originelle des exécutifs dirigés par Samy Badibanga puis Bruno Tshibala. Ces deux personnalités, issues de l'UDPS, ne bénéficiaient pas, selon lui, de la confiance de leur parti. « Ce choix n'était pas légitimé par l'UDPS, ce qui a posé certains problèmes », déclare-t-il, rapporté par Actualite.cd.
Ce constat, explique l'ancien ministre, a conduit le pouvoir à changer d'interlocuteur. « Il fallait aller à la rencontre de celui qui avait effectivement obtenu la confiance de son parti politique », souligne-t-il, en référence à Félix Tshisekedi, alors responsable des relations extérieures de l'UDPS.
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Félix Tshisekedi « constamment informé »
Selon She Okitundu, Félix Tshisekedi suivait ces pourparlers « un peu de loin », par l'intermédiaire de deux personnes chargées de lui faire rapport. « Je ne connais pas tous les détails, mais pour avoir été lors de ces discussions, je me suis rendu compte qu'il était constamment informé de ce qui se passait », affirme-t-il.
Pour justifier cette démarche, l'invité avance un argument idéologique : les deux formations se réclamant de la social-démocratie, il n'existait selon lui « aucune divergence » de fond. Les tensions relevaient plutôt de « conflits personnels ou des egos » qu'il fallait « mettre sous le boisseau ». Une entente entre les deux camps était d'ailleurs, assure-t-il, « le souhait de l'Internationale socialiste à l'époque ».
Le « glissement » contre la Primature ? « Pas une monnaie d'échange »
Interrogé sur les accusations selon lesquelles le camp Kabila aurait proposé la Primature à l'UDPS en échange de son acceptation du « glissement » du calendrier électoral, She Okitundu dément. « Ce n'était pas, à mon avis, une monnaie d'échange », tranche-t-il.
Il défend une autre lecture : les élections ne pouvaient être organisées immédiatement et nécessitaient un temps de préparation qu'il fallait gérer. Or, selon lui, les partisans du président sortant ne pouvaient pas conduire seuls cette période. « Il fallait associer l'opposition. Et dans l'opposition, l'UDPS joue un rôle important, même un peu prééminent », explique-t-il. D'où le choix d'un contact « assez particulier » avec Félix Tshisekedi, « la personne légitimée » au sein du parti, pour rechercher un compromis qui allait préfigurer la coalition CACH-FCC.
Des divisions internes à l'UDPS à l'origine de l'échec
Pourquoi les discussions d'Ibiza et de Venise n'ont-elles pas abouti à l'époque ? She Okitundu y voit la conséquence des divisions au sein même de l'UDPS, partagée entre des proches de Félix Tshisekedi et d'autres cadres qui avaient « une autre manière de voir les choses ». Il dit avoir alors défendu une ligne claire auprès de ses interlocuteurs : « Si on voulait traiter avec l'UDPS, la personnalité légitime pour ça, c'était l'actuel président de la République. » Et d'ajouter : « Je pense que je ne me suis pas trompé. »
L'ancien ministre précise toutefois que son implication s'est arrêtée à cette phase de rapprochement. Il affirme n'avoir joué aucun rôle dans la gestion ultérieure de la coalition CACH-FCC, étant resté, dit-il, « simple parlementaire ».
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