Politique
She Okitundu plaide pour une réflexion sans tabou sur la Constitution de 2006
L'ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, Léonard She Okitundu, a déclaré lors d'un Space live qu'aucune constitution n'est une « clause d'éternité », tout en attendant les conclusions de la commission annoncée par le président Tshisekedi avant de se prononcer définitivement.
Par Rédacteur NIE
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Un artisan du texte de 2006 appelle au débat
Invité d'un Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, Léonard She Okitundu, ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila au moment de la promulgation de la Constitution de 2006 et haut cadre de l'Union sacrée, a refusé de faire de ce texte un tabou. Selon Actualite.cd, il a plaidé pour une « réflexion sans tabou » sur les réformes institutionnelles, tout en précisant qu'il attend les travaux de la commission annoncée par le chef de l'État Félix Tshisekedi avant de « se prononcer définitivement ».
Interrogé sur l'idée, défendue dans le camp présidentiel, selon laquelle la Constitution actuelle serait une « constitution des étrangers », l'ancien ministre des Affaires étrangères a affirmé ne pas pouvoir encore trancher. « Il n'y a pas de tabou sur la réflexion sur les réformes dont le pays a besoin, particulièrement sur le plan constitutionnel », a-t-il déclaré, ajoutant que le débat mérite une « réflexion approfondie ». Son parti a déjà réfléchi au sujet et arrêté une position, mais il préfère attendre les conclusions de la commission présidentielle.
Référence à la révision passée et comparaison avec la France
Relancé sur le paradoxe de voir l'un des artisans de la Constitution de 2006 rester discret alors que son ancien camp s'en fait aujourd'hui le défenseur, Léonard She Okitundu a rejeté toute idée de reniement. Il rappelle que ce texte a déjà été révisé par le passé, sous le régime auquel il appartenait. Selon lui, la question porte aujourd'hui sur l'applicabilité de la Constitution à la lumière de la pratique politique observée au fil des législatures. Certaines dispositions « posent problème », estime-t-il, et le dire n'a rien d'un sacrilège.
Il prend l'exemple de la France, dont la Constitution de 1958 a inspiré les dispositions fondamentales du texte congolais. Il cite Jean-Luc Mélenchon, qui réclame une VIe République sans être muselé, et décrit une France devenue selon lui « ingouvernable », où le président Emmanuel Macron achève son mandat en position de grande faiblesse. Il reconnaît toutefois que « comparaison n'est pas raison ».
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Procédure complexe et articles verrouillés
L'ancien directeur de cabinet a tenu à relativiser l'urgence du débat. Changer de Constitution « n'est pas une opération facile », a-t-il souligné, puisque la procédure passe soit par le Parlement, soit par une consultation populaire et nécessite « une longue préparation ». « Je vois une grande agitation là-dessus », a-t-il observé.
Sur la question des articles 219 et 220 qui verrouillent notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels, Léonard She Okitundu admet que l'article 220 ne permet pas de toucher à ces dispositions. Mais il renvoie au contenu d'une éventuelle proposition, qu'il faudra examiner pour se prononcer « en toute connaissance de cause ». Il conclut en assumant une position qu'il présente comme une question de principe : « Il n'y a aucune constitution qui peut être considérée comme une clause d'éternité. Ce n'est pas une affaire d'être pour ou contre, c'est un constat scientifique. Demandez à tous les constitutionnalistes, ils vous le diront. »
Ces déclarations interviennent alors que le débat sur un changement ou une révision de la Constitution divise profondément la classe politique congolaise, sur fond de Dialogue national et de mobilisation de l'opposition contre toute modification du texte de 2006.
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